Des substances psychoactives en médecine
Les drogues : stupéfiantes molécules
Si l’usage médical des psychotropes est millénaire, des substances habituellement consommées en dehors du champ de la médecine suscitent actuellement l’intérêt des chercheurs et des soignants. L’expérimentation du cannabis thérapeutique en France, débutée en 2021, s’est achevée le 1er juillet 20251. « C’est une décision politique, regrette Hélène Beloeil, anesthésiste au CHU de Rennes. Il permet de soulager des douleurs pour lesquelles on n’a pas de solution, notamment chez les patients atteints d’un cancer en phase terminale. »
En psychiatrie, les hallucinogènes suscitent, eux aussi, une attention croissante. En France, la kétamine peut être donnée à l’hôpital2 contre une dépression résistante aux traitements. Son usage est toutefois limité par l’absence de remboursement. Aux États-Unis, elle peut être prescrite dans cette même indication. Cédric Lemarchand, doctorant en santé publique à l’Irset3, à Rennes, étudie les conditions d’accès à ces substances dans certains pays : « Les essais cliniques traditionnels prennent beaucoup de temps. On observe une tendance à la baisse du niveau de preuve scientifique exigé pour autoriser l’administration de ces molécules à des patients qui ne répondent pas aux traitements classiques ». L’Australie avance très vite. « La psilocybine, extraite des champignons hallucinogènes, y est prescrite contre la dépression résistante, précise le chercheur. Tout comme l’ecstasy, contre les troubles de stress post-traumatique. »
1. Malgré les recours d’associations de patients qui demandaient à la prolonger.
2. Associée à un antidépresseur.
3. Institut de recherche en santé, environnement et travail.
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du magazine Sciences Ouest