Pourquoi certaines anguilles sont électriques ?

Électricité : histoires, usages et défis

N° 434 - Publié le 9 janvier 2026
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Si l’électricité nous entoure au quotidien, certaines espèces en ont fait de véritables stratégies de survie. La plus connue d’entre elles est sûrement l’anguille électrique, un poisson d’eau douce présent en Amérique du Sud. Des organes électriques, composés de cellules agissant sur le même principe qu’une pile, lui permettent de générer un courant de plusieurs centaines de volts. « Et, contrairement à la plupart des organismes, elle est adaptée à vivre au contact de l’électricité et ne risque donc pas de se faire électriser », note Kelig Mahé, chercheur à l’Ifremer de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), qui a travaillé sur les anguilles électriques de Guyane. Ce courant sert davantage à paralyser ses proies — en majorité des petits poissons et des crabes — qu’à les tuer sur le coup, un peu comme le venin aide le serpent dans sa chasse. Cette capacité à produire de l’électricité, que l’on appelle électrogénèse, est aussi utilisée pour échapper aux dangers, dans le cadre de ce que les scientifiques nomment les phénomènes d’évitement. « Les céphalopodes jettent un nuage d’encre pour éviter leurs prédateurs, l’anguille électrique, elle, peut envoyer un courant dans l’eau », compare Kelig Mahé. Mais elle n’est pas la seule à manier l’électricité : la torpille ou encore certaines espèces de poissons-chats ont également intégré ce phénomène physique naturel à leurs stratégies de défense et de prédation.

Violette Vauloup

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