« L’art pour voir à travers les yeux des habitants »

Portrait

N° 430 - Publié le 3 juin 2025
© ÉLODIE PAPIN
L'épreuve par 7
Estelle Laurent
Doctorante en géographie au laboratoire Espaces et sociétés à Rennes et à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, au Sénégal.¹
Qu'est-ce qui vous motive à aller travailler tous les matins ?

J’aime emprunter les lunettes d’autres personnes. Au village de N’Gor, au Sénégal, j’essaie de comprendre comment les habitants perçoivent leur territoire. Pour voir à travers leurs yeux, j’utilise l’art : le théâtre, les fresques murales ou la création numérique.

En quoi vos missions sont-elles utiles ?

L’art permet de mettre en dialogue les personnes, et de faire apparaître des enjeux. Mon travail permet ensuite de les analyser, à partir de leur contexte dans l’espace et la société. Mais je viens plutôt poser des questions. Je n’apporte pas de solutions.

Que jugez-vous indispensable à votre quotidien ?

Le lien social, au sein du laboratoire et sur le terrain. C’est dans l’échange avec les autres que je trouve le sens de ma recherche.

Avez-vous déjà eu envie de changer de métier ?

Je ne suis même pas encore chercheuse ! Mais je me sens chanceuse de le devenir, d’aller à la rencontre des autres, ou de passer du temps à lire et que cela fasse partie de mon travail.

Si vous pouviez voyager dans le temps, quand iriez-vous ?

Je reviendrais deux ans en arrière pour retourner sur le terrain. Je suis en train d’écrire ma thèse et j’aimerais aller vérifier certaines choses.

Quel est votre livre de chevet ?

Je lis actuellement Le Monde de Sophie, de Jostein Gaarder. Ce livre de philosophie change ma vision des choses. Il m’arrive d’emprunter les lunettes de l’écrivain pour observer une interaction.

Rêvez-vous parfois de votre travail ?

Oui, souvent. En ce moment, je rêve beaucoup de ma soutenance de thèse car je suis un peu anxieuse… Mais dans mes rêves, elle se passe bien !

ÉLODIE PAPIN

1. Et à l'École universitaire de recherche Caps, à Rennes.

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