« L’art pour voir à travers les yeux des habitants »
Portrait
J’aime emprunter les lunettes d’autres personnes. Au village de N’Gor, au Sénégal, j’essaie de comprendre comment les habitants perçoivent leur territoire. Pour voir à travers leurs yeux, j’utilise l’art : le théâtre, les fresques murales ou la création numérique.
L’art permet de mettre en dialogue les personnes, et de faire apparaître des enjeux. Mon travail permet ensuite de les analyser, à partir de leur contexte dans l’espace et la société. Mais je viens plutôt poser des questions. Je n’apporte pas de solutions.
Le lien social, au sein du laboratoire et sur le terrain. C’est dans l’échange avec les autres que je trouve le sens de ma recherche.
Je ne suis même pas encore chercheuse ! Mais je me sens chanceuse de le devenir, d’aller à la rencontre des autres, ou de passer du temps à lire et que cela fasse partie de mon travail.
Je reviendrais deux ans en arrière pour retourner sur le terrain. Je suis en train d’écrire ma thèse et j’aimerais aller vérifier certaines choses.
Je lis actuellement Le Monde de Sophie, de Jostein Gaarder. Ce livre de philosophie change ma vision des choses. Il m’arrive d’emprunter les lunettes de l’écrivain pour observer une interaction.
Oui, souvent. En ce moment, je rêve beaucoup de ma soutenance de thèse car je suis un peu anxieuse… Mais dans mes rêves, elle se passe bien !
ÉLODIE PAPIN
1. Et à l'École universitaire de recherche Caps, à Rennes.
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