Pechkeur, le projet qui fait parler les marins

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N° 422 - Publié le 28 septembre 2024
© YANN CASTANIER / HANS LUCAS VIA AFP
Débarquement de la pêche hauturière à la criée du Guilvinec dans le Finistère.

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Pour améliorer la santé et les conditions de travail de ces professionnels, des chercheurs les interrogent avec une méthode originale.

Dans le pays bigouden, Pechkeur prend le pari de faire discuter marins-pêcheurs, armateurs et jeunes du lycée maritime du Guilvinec, à propos de leur expérience de la vie en mer et de leurs craintes à travailler à bord, alors que ce métier est le plus accidentogène. Lancé en février 2023, ce projet de recherche  inédit¹ sur le vécu du travail à bord des bateaux de pêche rassemble de nombreux acteurs de la santé² et plusieurs laboratoires bretons³.

« Si les groupes de discussion ne sont pas dans leurs habitudes de travail, les marins peuvent être très ouverts et en demande d’interactions, contrairement au stéréotype de taiseux qui pèse sur eux », explique Stéphanie Brulé-Josso, psychologue du travail et ethnologue, à l’origine du projet. Elle utilise la « recherche-action coopérative », une méthode bien particulière : à partir d’entretiens collectifs que la chercheuse mène en binôme avec Pascale Perron, experte en démarche participative, un document résumant les échanges est rédigé collectivement. « Il n’y a pas de collecte de données comme en ethnographie classique, ni de production de rapport avec des préconisations. L’idée, c’est que les premiers concernés soient au centre des recherches, et qu’il y ait une transformation sociale concrète, qu’ils désirent et dont ils sont à l’origine. »

Une posture de facilitatrice


Une technique « pas très confortable », concède la psychologue, puisque les résultats sont imprévisibles avant que les discussions n’aient lieu, mais qui permet « de ne pas se poser dans une posture d’experte, qui peut brusquer, mais plutôt de facilitatrice ». Le 30 septembre, une journée a permis au personnel de santé des marins, aux lycéens, aux salariés, aux patrons de bateaux et aux experts des affaires maritimes d’évoquer ensemble le manque de relève, la formation, le respect des règles de sécurité ou encore l’ambiance à bord, « une première initiative de ce genre ! ». Affaire à suivre.

Anna Sardin

1. Co-financé par la Région Bretagne et porté par le cabinet d’expertise maritime Glaz qui accompagne les marins sur la prévention des risques en mer depuis le port de Lesconil (29).
2. Le service de santé des gens de mer (SSGM), l’institut maritime de prévention et le centre ressource d’aide psychologique en mer.
3. LiRIS (Université Rennes 2) et Lab-STICC (Université Bretagne Sud).

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