Martial Caroff, le géologue derrière la plume

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N° 414 - Publié le 30 novembre 2023
© VIOLETTE VAULOUP

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Mi-novembre, le géologue breton Martial Caroff a reçu le prix du Quai des Orfèvres pour son dernier roman, une intrigue policière dans le monde de la recherche.

« J’étais avec mon chien dans la véranda quand ils m’ont appelé. Il n’a rien compris mais moi j’étais très content », se souvient Martial Caroff. Début septembre, ce chercheur en magmatologie à l’UBO1, à Brest, apprend qu’il est l'heureux lauréat du prix du Quai des Orfèvres, qui récompense chaque année le meilleur manuscrit d’un roman policier inédit. Disponible depuis mi-novembre en librairie, Ne me remerciez pas !2 est le 27e livre du Finistérien.

Passions sombres


Écrit spécialement pour le prix du Quai des Orfèvres, le roman suit l’enquête du commissaire Kestner et de son équipe sur les traces d’un meurtrier qui sévit dans le monde de la recherche. À travers la fiction, le géologue de 59 ans montre ainsi les coulisses d’un laboratoire de climatologie. « Je me suis servi de mon vécu mais c’est une fiction policière, ce sont les passions humaines les plus sombres qui ressortent, précise d’emblée l’écrivain. Dans mon livre on se déteste et on s’assassine, ça ne se passe évidemment pas comme ça dans la réalité », prend-il la précaution de préciser.
Attablé dans le bistrot où il nous a donné rendez-vous, Martial Caroff remue dans tous les sens. Les lunettes qui pendent au bout de leur cordon oscillent au rythme de sa gestuelle. On devine que ses mains sont agitées depuis longtemps ; « J'ai toujours voulu écrire », confirme-t-il. Après avoir hésité entre les sciences naturelles et des études de lettres, il penche pour les premières mais garde « la littérature dans un coin de [sa] tête ».
Ne me remerciez pas ! est son premier livre après une pause de six années. « Je me suis brûlé les ailes, j’avais un rythme excessif, confie le chercheur. Pendant dix ans j’ai publié deux bouquins par an en plus de mon activité d’enseignant-chercheur. » Mais pour Martial Caroff, écrire est plus qu’un passe-temps. Il raconte sa frustration, parfois, de travailler un ou deux ans sur une publication scientifique puis de constater qu’elle n’est lue que par un cercle très restreint. « J’avais besoin d’élargir mon lectorat, d’écrire pour le grand public », lance-t-il en alignant machinalement des feuilles qu’il vient de déranger, comme pour garder ses mains occupées. Toujours. 

Un travail d’horloger



« C’est dur d’écrire un roman policier, tout a déjà été fait », sourit le chercheur. Lui a sa méthode : tout est prévu dès le début, chaque péripétie, chaque coup de théâtre, jusqu’au nom du coupable. C’est un travail d’horloger qu’il ne faudrait d’ailleurs pas trop exposer. « Ne dîtes pas tout », insiste-t-il, un peu inquiet à l’idée que nous dévoilions les rouages de sa mécanique, qui laisseraient entrevoir l’assassin. Ce que nous pouvons assurer, c’est que le commissaire Kestner pourrait reprendre du service. Une suite est en préparation. « Il y a déjà un peu de viande sur le squelette », comme le dit celui dont le verbe semble décidément taillé pour les intrigues criminelles.
 

VIIOLETTE VAULOUP

1. Université de Bretagne Occidentale.
2. Publié aux Éditions Fayard (2023).

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