« La dimension sociale des inondations »

Portrait

N° 436 - Publié le 6 mars 2026
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Ce que je cherche
Juliette Quénéa
Doctorante en sociologie au laboratoire Arènes
« La dimension sociale des inondations »

« Quel est le point commun entre l’Ille-et-Vilaine, le Pas-de-Calais, Tolède et Valence, en Espagne ? Toutes ces régions ont connu une inondation importante dans les dernières années. Depuis le début de ma thèse, en novembre 2024, je m’y rends pour réaliser des entretiens avec des habitants, afin de comprendre en quoi l’expérience d’inondations transforme les rapports à l’habitat, à l’écologie et les formes de politisation des individus et des communautés. Ces catastrophes, plutôt que de simples parenthèses, sont des moments de rupture. L’ordinaire de la vie sociale s’y révèle précisément parce qu’il cesse d’aller de soi. Et cela au travers de choses très concrètes : par exemple, l’odeur d’humidité pousse à déménager et change la trajectoire de vie d’un individu. Ou bien le lien tissé avec les voisins au plus fort de la crise, expose un capital social plus ou moins invisible jusque-là. Avec le dérèglement climatique, les inondations sont amenées à se multiplier et à s’intensifier. Pour fonctionner, les politiques d’adaptation ne peuvent pas se limiter à une gestion technique de ces aléas, elles doivent prendre en compte tout le volet social, lié aux vécus. Et pour cela, on a besoin de la sociologie ! »

PROPOS RECUEILLIS PAR VIOLETTE VAULOUP

1. Laboratoire de science politique et sociologie situé à Rennes

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