Friches : changer de regard sur la nature

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N° 409 - Publié le 4 mai 2023
CC BY-SA 3.0 / ÉDOUARD HUE
Bâtiment abandonné dans les Jardins familiaux des prairies Saint-Martin à Rennes.

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À travers une vidéo projetée mi-avril, un étudiant en philosophie s’interroge sur la végétalisation de la ville de Rennes. Une réflexion qui montre que la perception de notre environnement est aussi une question philosophique.

« Avant mes études de philo, je ne me posais pas ces questions », confie Alexandre Ferrere. Vidéaste et étudiant en troisième année de philosophie à l’Université de Rennes, le jeune homme s’est lancé, fin 2022, dans la réalisation d’un reportage d’une trentaine de minutes sur les dynamiques de minéralisation et de végétalisation à Rennes.
Le 18 avril, la vidéo d'abord publiée en février sur un webmédia créé pour l’occasion (Rennes : ville écologique ? Vraiment ?) a fait l’objet d’une projection-débat organisée par l’UFR de philosophie au Diapason, à Rennes. « Je voulais confronter différents points de vue et la philosophie m’aide à remettre en question certains éléments », raconte celui qui a échangé avec la municipalité, mais aussi avec des naturalistes de l’association Bretagne Vivante et dont la vidéo se conclut par une visite du contesté projet ViaSilva, qui prévoit de construire 6 000 logements sur la ceinture verte de la ville.

Réservoirs de biodiversité

Au centre du propos : les friches urbaines, ces espaces délaissés par l’Homme et souvent considérés comme des échecs de l’urbanisation. Pourtant, ce sont de riches réservoirs de biodiversité, qui sont parfois menacés par des projets de construction motivés par la folle croissance démographique de la ville de Rennes. « Les friches sont des espaces naturels très riches et proches de villes », souligne Filipe Drapeau Vieira Contim, directeur adjoint de l’UFR de philosophie de Rennes et naturaliste à Bretagne Vivante, qui animait le débat. « Avec mes étudiants, on réfléchit à la conversion du regard que cela implique. On a tendance à mettre sous cloche la grande nature charismatique et sauvage, mais la nature ordinaire, comme les friches, abrite des écosystèmes plus communs, avec des espèces qui sont en train de s’effondrer », alerte celui qui enseigne l’éthique environnementale.
Et les protéger reviendrait à accepter leur caractère à la fois “naturel” et “urbain”, à dépasser ce dualisme pour laisser la nature s’exprimer spontanément, y compris en ville, sur des sols qui ont été occupés et transformés par les humains.

VIOLETTE VAULOUP

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