« Les faits ne suffisent pas toujours à comprendre et transformer le monde »

Portrait

N° 406 - Publié le 31 janvier 2023
Laurent Guizard
L'épreuve par 7
Simon Dufour

Géographe, enseignant-chercheur à l’Université Rennes 2 (CNRS, LETG)

Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été chercheur ?

Peut-être garde-forestier. Quand j’étais enfant, je trouvais tellement fascinant qu’être au milieu de la forêt soit un métier ! C’était une vision idéalisée et très contemplative finalement.

Aujourd’hui, qu’avez-vous trouvé ?

Après plusieurs années, je pense enfin avoir trouvé une méthode de travail adaptée. Mes recherches portent sur l’environnement et les milieux fluviaux, donc j’échange souvent avec des acteurs du territoire. Cela me permet de rester humble et à l’écoute.

Le hasard vous a-t-il déjà aidé ?

Oui ! Surtout celui des rencontres. Échanger avec des collègues d’autres disciplines scientifiques ou d’autres pays fait toujours émerger un nouveau regard sur mes propres travaux.

Qu’avez-vous perdu ?

Une certaine forme de naïveté. Pas sur le métier d’enseignant-chercheur, que je défends, mais avec les années on réalise que le monde de la recherche est gouverné par la science, bien sûr, mais aussi par l’argent, la politique et beaucoup de problèmes d’ego.

Que faudrait-il mieux ne pas trouver ?

Rien. En tout cas, pas dans mon domaine de recherche !

Quelle est la découverte qui changerait votre vie ?

J’étudie des images satellite de télédétection. Si l’on arrivait à inventer des capteurs embarqués qui peuvent voir sous la surface de la Terre et détailler les différentes couches du sol, ce serait fantastique !

Qu’est-ce qui vous ferait douter de la rationalité ?

J’en doute déjà. Les faits ne suffisent pas toujours à comprendre et transformer le monde. Parfois, les émotions et l’affect ont plus de pouvoir pour mettre en mouvement les personnes que des arguments scientifiques.

contact
simon.dufour [at] univ-rennes2.fr (simon[dot]dufour[at]univ-rennes2[dot]fr)

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