Le premier train autonome et écologique sera breton
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Redonner vie aux petites lignes ferroviaires, c’est l’objectif de la start-up Taxirail.
Imaginez qu’il soit possible d'aller de Morlaix à Roscoff ou de Saint-Brieuc à Loudéac à n’importe quelle heure de la journée… sans utiliser sa voiture ! C’est le concept développé par Régis Coat, fondateur de l’entreprise Taxirail à Plusquellec, dans les Côtes-d’Armor. « L’idée d’un train autonome et léger est née après avoir constaté que de nombreuses lignes ferroviaires de courtes distances sont peu ou mal exploitées malgré leur potentiel. »
Prototype en construction
Depuis 2017, Régis Coat coordonne le projet pour lequel il a constitué une équipe d’ingénieurs et fait appel à des entreprises et centres de recherche spécialisés dans les nouvelles technologies. Le premier prototype est actuellement en cours de construction. Emprunter des lignes non électrifiées aux rails souvent cabossés est un défi technique. « Il faut bien entendu effectuer au préalable des travaux de remise en état de ces lignes, souvent mal entretenues voire à l’abandon depuis de nombreuses années. Mais comme Taxirail sera un train autonome, léger et avec des essieux tolérants, les coûts seront réduits. » C’est ainsi que la conception d’un train sans chauffeur et capable de transporter jusqu’à 40 personnes, dont 16 assises, fait son chemin. « Aux heures de pointe, des convois de trois modules permettront de déplacer 120 passagers ! » Chaque module pèsera 12 tonnes grâce aux matériaux composites et le déplacement sera supervisé par le centre de contrôle chargé de réguler et de sécuriser le trafic. « La présence éventuelle d’obstacles sur la voie sera détectée à une distance de 200 m par des Lidars, sortes de radars fonctionnant avec des lasers. »
Un moteur hybride à hydrogène
L'originalité de Taxirail réside aussi dans le choix d'un moteur hybride à hydrogène. « Stocké dans des bonbonnes, l’hydrogène sera transformé en électricité par une pile à combustible et alimentera des batteries afin d’assurer une autonomie tout au long de la journée. » L’habitacle sera quant à lui chauffé à l’énergie solaire. « Les habitants des zones rurales et péri-urbaines disposeront ainsi d’une alternative écologique et économique à la voiture. » Le train circulera toutes les quinze minutes aux heures de pointe et desservira toutes les gares tandis que le reste du temps il fonctionnera à la demande. « Un système de réservation via une application renseignera le train sur les arrêts à effectuer. » Le prototype devrait être terminé pour 2023. « Dès lors, l’ensemble des fonctionnalités sera testé sur une voie d’essai de 1,6 km en Normandie1. » Si tout se déroule comme prévu, ce train accueillera ses premiers passagers en 2026 !
1. À Port-Jérôme sur le territoire de Caux Seine Agglo.
Régis Coat
regis.coat@exis-cd.bzh
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