«La recherche est un fil que l’on déroule»
Portrait
Enseignante-chercheuse en psychologie cognitive à l’Université Rennes 2.
Les postes dans la recherche sont rares, j’ai eu la chance d’en décrocher un. Sans cela, j’aurais probablement été ingénieure ergonome dans une entreprise du numérique.
J’ai mis en évidence les effets bénéfiques d’un phénomène psychologique appelé “flow”. C’est un état de concentration intense1 que l’on ressent dans une tâche. Il se manifeste beaucoup dans les jeux vidéo. J’ai notamment montré que cet état pouvait favoriser les apprentissages avec des jeux sérieux éducatifs.
Pas dans mes travaux, mais je comprends que cela puisse arriver. Ce que j’aime dans la recherche, c’est qu’on saisit parfois un fil sur une question, on le déroule… et on découvre de nouvelles choses. En revanche, le hasard m’a aidée à décrocher un poste de chercheuse !
Mes illusions de départ par rapport à la recherche. Quand on est jeune, on croit qu’on va découvrir de grandes choses. En réalité, nos découvertes sont infimes, on pose une petite pierre dans un grand édifice ! Mais j’ai gagné en humilité.
Le moyen de parfaitement manipuler les humains pour leur faire acheter ce que l’on veut grâce au neuro-marketing. Heureusement, nous en sommes encore loin.
J’aimerais lire dans les pensées des gens ! Même si ce n’est pas du tout éthique, cela m’aiderait de comprendre comment les gens fonctionnent au premier coup d’œil. Mais je pense que je découvrirais aussi des choses qui m’horrifieraient.
La science est rationnelle mais l’humain ne l’est pas toujours. Les sentiments comme l’amour ne sont pas rationnels, même si on peut chercher à les expliquer.
Contact
severine.erhel [at] univ-rennes2.fr (severine[dot]erhel[at]univ-rennes2[dot]fr)
1. Associé à un sentiment de bien-être, caractérisé par une forte sensation de contrôle, d’oubli de soi et du temps qui passe.
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