« La vie est une suite de hasards »

Portrait

N° 394 - Publié le 25 novembre 2021
GUY BESCOND
L'épreuve par 7
Marie-Anne Cambon

Chercheuse en écologie microbienne et symbioses spécialisée dans les grands fonds, à l’Ifremer de Brest.

Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été chercheuse ?

J’aurais aimé réaliser les suivis des sites volcaniques terrestres. Mais entre nous, je crois qu’il n’y a pas d’autres métiers qui m’auraient vraiment plu à part chercheuse… C’est mon côté curieux.

Aujourd’hui, qu’avez-vous trouvé ?

De la magie et de l’émerveillement ! Lorsque je plonge1 dans les grands fonds, je découvre un monde nouveau avec des écosystèmes diversifiés, très colorés et qui semblent préservés des activités humaines. Cela m’apporte beaucoup d’humilité et je me sens privilégiée de le voir de mes propres yeux.

Le hasard vous a-t-il déjà aidée ?

Tout au long de ma carrière. La vie est une suite de hasards et il faut savoir saisir les opportunités. Au départ j’étais ingénieure agronome puis j’ai trouvé ma voie en étudiant les sources hydrothermales, leur volcan et leur biologie.

Qu’avez-vous perdu ?

Du temps. Je suis très sollicitée pour faire différentes choses… Le chercheur d’aujourd’hui n’a plus assez de temps pour s’émerveiller devant son microscope ou le hublot de son sous-marin ! C’est un métier passionnant où il ne vaut mieux pas compter ses heures.

Que faudrait-il mieux ne pas trouver ?

Des molécules qui rallongeraient la longévité de la vie humaine. Notre impact sur Terre serait alors encore plus conséquent.

Quelle est la découverte qui changerait votre vie ?

La preuve indiscutable que l’océan est un univers sans frontières et que cet ensemble est interconnecté. Qu’un événement à un endroit, comme l’exploitation minière, aura forcément des répercussions ailleurs.

Qu’est-ce qui vous ferait douter de la rationalité ?

Trouver des animaux capables de vivre à très hautes températures et là où il n’y a pas d’oxygène. Jusqu’à maintenant on n’en a pas trouvé au-dessus de 40 °C. La théorie sur l’origine de la vie serait alors bouleversée.

 

Contact
marie.anne.cambon [at] ifremer.fr (marie[dot]anne[dot]cambon[at]ifremer[dot]fr)

PROPOS RECUEILLIS PAR Paule Émilie Ruy

1. Marie-Anne Cambon a plongé à plusieurs reprises jusqu’à 3 600 m de profondeur à bord du Nautile.

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