Des images microscopiques rapides

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N° 371 - Publié le 2 avril 2019
Plateforme Mric
Une coupe d'amygdale humaine, vue par microscopie à fluorescence trois couleurs.

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Une innovation pour voir vivre les cellules.

« Si l’on acquiert des données rapidement, on comprend des événements rapides dans les cellules. » Pour les besoins de ses recherches, Marc Tramier, responsable de l’équipe de microscopie de fluorescence quantitative à l’IGDR(1) (lire son portrait p. 22), a développé avec d’autres scientifiques et un entrepreneur le boîtier électronique Inscoper. Celui-ci permet d’enregistrer des images de microscopie trois fois plus vite qu’avec le matériel classique.

Les microscopes de Marc Tramier et de son équipe servent à étudier les activités des protéines et la dynamique de leurs interactions dans des échantillons vivants. « Nous utilisons la GFP(2) que nous fusionnons avec la protéine qui nous intéresse. Dans l’organisme vivant, nous suivons son parcours dans les cellules, de sa fabrication à sa destruction. »

Accélérer le pilotage du microscope

Les microscopes existants sont très performants, côté optique. Par contre, leur informatique embarquée n’est pas optimisée. « Les microscopes du marché sont mal conçus d’un point de vue pilotage électronique, confirme le lauréat 2018 de la médaille de Cristal CNRS(3). Ce n’est pas le cœur de métier des entreprises qui les conçoivent. » Qu’à cela ne tienne, l’ancien professeur de mathématiques a développé sa propre solution d’informatique embarquée. Elle est capable d’optimiser et d’accélérer le pilotage du microscope. Un brevet est déposé en 2013, avec Jacques Pécréaux, chercheur à l’IGDR. « Quand nous avons eu un prototype fonctionnel, nous avons eu envie que tous les chercheurs du monde puissent en profiter ! » Mais les grandes entreprises ne s’y sont pas intéressées.

Devenir la référence mondiale

Otmane Bouchareb, ingénieur en mécatronique, travaillait déjà sur ce projet depuis un an et demi. Avec l’entrepreneur Olivier Chanteux, ils créent la société Inscoper, dont Marc Tramier et Jacques Pécréaux sont les conseillers scientifiques. Ils transforment le boîtier initial en plate-forme de pilotage des microscopes. Cette innovation est commercialisée en France et à l’international. Selon Marc Tramier, l’objectif est de devenir la référence mondiale. « En un an, une dizaine de boîtiers ont été vendus. Notre projet est de développer les ventes en Allemagne et aux États-Unis, où l’extension du brevet a été obtenue. »

Claire Guérou

(1) Institut de génétique et développement de Rennes.
(2) Green fluorescent protein, protéine dont la caractéristique est d’émettre une fluorescence verte. (3) Centre national de la recherche scientifique.

Marc Tramier, tél. 02 23 23 54 87, marc.tramier@univ-rennes1.fr

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