Hommes-femmes : les chiffres du déséquilibre

Checheuses : leur combat pour l'égalité

N° 368 - Publié le 3 janvier 2019
Laure Bombail

« Pour être admis en thèse, la cooptation était monnaie courante, explique Valérie Le Cann, responsable du pôle observatoire et indicateurs de l’Université Bretagne Loire.

Désormais, nous fonctionnons par projet, avec la plateforme numérique Thèses en Bretagne Loire(1). » Les offres de thèse y sont publiées pour être visibles de tous les aspirants doctorants. « Cette transparence limite l’admission par cooptation. Ce sont les compétences qui déterminent la sélection, plutôt que les relations personnelles. »

Le genre est également un critère à bannir. Aujourd’hui, les statistiques montrent de fortes disparités (voir infographie ci-contre). Les femmes vont moins que les hommes jusqu’au doctorat. Et lorsque c’est le cas, elles connaissent davantage le chômage. Pour y remédier, le décret de 2016 sur la délivrance du doctorat, ainsi que la convention régionale sur l’égalité entre les filles et les garçons, proposent aux étudiants de construire leur projet professionnel. Cela limite les échecs. « Définir son projet et avoir des perspectives renforcent la détermination, poursuit Valérie Le Cann, également en charge de l’observatoire sur l’égalité femmes-hommes. Cela devrait augmenter les chances de réussir. »

Toute victime de stéréotypes

Lors de l’attribution d’une thèse ou d’une bourse, le genre du candidat est de facto pris en compte. « Nous nous sommes aperçus que les bourses de mobilité(2) étaient versées essentiellement à des hommes. Il a donc été décidé d’être plus attentifs aux candidatures féminines, pour tendre à l’équité. » Ces nouvelles mesures devraient bientôt porter leurs fruits. « Les bases sont posées pour accroître l’égalité et la réussite. » Ces mesures, bénéfiques pour les femmes, devraient l’être également pour toute personne victime de stéréotypes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des différences selon les disciplines
Les sciences fondamentales (chiffres ci-contre) comprennent la physique, la chimie, les mathématiques, le génie mécanique, où les étudiants hommes sont nombreux ; la biologie et les sciences de la terre, où les étudiantes sont majoritaires. Les sciences économiques représentent la discipline où la parité est la mieux respectée durant les études. Les langues sont l’une des disciplines où les femmes sont majoritaires, étudiantes et même enseignantes.

Des écarts de salaires
Les femmes gagnent 7 % de moins que les hommes, trois ans après l’obtention du doctorat. Dans le public, les docteures gagnent 400 euros de moins que les hommes, soit 17 % d’écart.

Julie Lallouët-Geffroy

(1) www.theses.u-bretagneloire.fr.
(2) Ces bourses sont attribuées aux doctorants pour aller dans un laboratoire étranger durant trois à six mois.

Valérie Le Cann
tél. 06 48 81 65 85
valerie.lecann@u-bretagneloire.fr

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