Le chien nous suit depuis 4000 ans

Actualité

N° 367 - Publié le 6 décembre 2018
Chris Knight
Le chien a été domestiqué il y a 15 000 ans. Les chercheurs savent désormais qu'il a accompagné nos ancêtres cultivateurs, arrivés en Europe il y a 4 000 ans.

Arrivé en Europe avec les premiers cultivateurs.

Au néolithique, les chiens ont suivi les migrations humaines. Une étude(1), à laquelle des chercheurs rennais ont participé, le démontre. L’équipe avait déjà découvert en 2016 que les chiens avaient été domestiqués en Europe et en Asie, il y a environ 15000 ans(2). De légères variations, trouvées dans l’ADN de fossiles de chiens, ont permis d’identifier deux groupes distincts.

Les scientifiques ont ensuite analysé l’ADN mitochondrial(3), hérité de la mère, de 99 spécimens. Trouvés dans 37 sites de l’Europe au Moyen-Orient, ils datent de - 10000 à - 4000 ans.

Les chiens venus du Moyen-Orient

Il y a 10000 ans, au paléolithique, les chiens d’Europe font partie d’un groupe génétique appelé C. Ceux d’Asie sont du groupe A. Vers - 8000 ans, un groupe de chiens apparaît au Proche-Orient : le groupe D. Celui-ci arrive en Europe à partir de - 4000 ans. « Il est impossible d’avoir autant de séquences génétiques nouvelles en Europe en si peu de temps, sans un apport extérieur », souligne Morgane Ollivier, paléogénéticienne au laboratoire Écobio(4). Cela prouve l’arrivée de chiens du Moyen-Orient.

« Ceci conforte ce que l’on sait des migrations humaines, complète Christophe Hitte, bio-informaticien à l’IGDR(5). Les cultivateurs du Moyen-Orient ont migré vers l’Europe à cette époque. Étudier l’histoire du chien est une bonne façon d’étudier celle de l’Homme. Il est plus facile de travailler sur de l’ADN canin que sur de l’ADN humain ! Les échantillons pouvant être contaminés lors des manipulations, différencier l’ADN humain ancien et moderne est difficile. »

Reste à trouver l’origine des chiens actuels. Ils appartiennent à 90 % au groupe A... qui n’était pas présent en Europe au début du néolithique ! Ils pourraient être arrivés avec une vague de migration plus tardive, venue d’Asie.

Maryse Chabalier

(1) Publiée dans Biology Letters.
(2) Lire Du loup au chien : la double piste, Sciences Ouest n° 344, septembre 2016.
(3) L’ADN mitochondrial n’est pas dans le noyau des cellules, mais dans les mitochondries.
(4) Écosystèmes, biodiversité, évolution (CNRS, Université de Rennes 1), au sein de l’Osur.
(5) Institut de génétique et développement de Rennes (CNRS, Université de Rennes 1).

Morgane Ollivier
tél. 02 23 23 40 89
morgane.ollivier@univ-rennes1.fr

Christophe Hitte
tél. 02 23 23 47 77
christophe.hitte@univ-rennes1.fr

TOUTES LES ACTUALITÉS

Abonnez-vous à la newsletter
du magazine Sciences Ouest

Suivez Sciences Ouest