Lycéens et ISS : sciences en apesanteur

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N° 439 - Publié le 10 juin 2026
© OLLIER ALEXANDRE / CNES, 2025
Visite de Sophie Adenot (à gauche) au Centre spatial de Toulouse.

À Vitré, des lycéens contribuent à une expérience scientifique de grande ampleur pilotée par la spationaute Sophie Adenot depuis l’ISS. Pour leur enseignant, c’est l’occasion de les intéresser à l’espace et à la biologie végétale en sortant des sentiers battus.

« Ça change des TP habituels, c’est une manière de faire des sciences autrement », s’enthousiasme Didier Thieurmel, professeur de SVT au lycée Bertrand d’Argentré à Vitré (Ille-et-Vilaine). Ses élèves de seconde font partie des 4 500 classes sélectionnées pour participer à une expérimentation scientifique développée par le Centre national d’études spatiales (Cnes). Baptisée ChlorISS, l’expérience consiste à faire germer, simultanément dans l’ISS et sur Terre, des graines d’Arabette des dames et de mizuna, deux végétaux de la famille des brassicacées. « On a deux types d’arabette : une sauvage et un variant dont la perception de la gravité est fortement réduite, explique l’enseignant. L’objectif du projet est de mettre en évidence l’influence de la lumière et les effets de la gravité sur la germination et la croissance des plantes. » Le chou mizuna est une plante amenée à devenir le socle d'un écosystème artificiel pour les astronautes embarqués pour une mission longue durée. Quant à l’Arabette des dames, c’est le modèle de référence en biologie végétale.

Une expérience utile


Sophie Adenot, la spationaute française qui a décollé le 13 février dernier pour une mission de huit mois à bord de la Station spatiale internationale, suit exactement le même protocole que les lycéens de Vitré. « Les élèves ont souvent le réflexe de demander : “En gros, ça sert à quoi ?”, poursuit Didier Thieurmel. L’idée est donc de mener une réflexion avec eux sur l’utilité de ce genre d’expérience et sur la raison pour laquelle on a choisi ces plantes. Le but est de leur faire comprendre que si on développe les voyages spatiaux lointains, la culture des végétaux sera essentielle parce qu’on ne pourra pas forcément effectuer de ravitaillements réguliers comme on le fait actuellement. ChlorISS servira notamment à mieux appréhender le cycle de l’eau ou celui du dioxygène et à perfectionner la production alimentaire dans l’Espace. »

Responsabiliser les adolescents


Réalisée en partenariat avec Sorbonne Université et les ministères de l’Éducation nationale et de l’Agriculture, l’étude mobilise des notions abordées en sciences de la vie et de la Terre mais aussi en physique-chimie, en mathématiques ou en technologie. En impliquant des milliers d’adolescents, l’ambition du Cnes est de stimuler leur intérêt pour le spatial et d’éveiller leur curiosité pour les attirer vers des carrières scientifiques. « J’ai déjà fait des sciences participatives avec d’autres classes à travers des programmes comme Vigie-Nature ou “Élève ton blob”, une autre expérience éducative du Cnes menée conjointement par Thomas Pesquet dans l’ISS et des milliers d’élèves. Dès qu’on responsabilise les adolescents en leur disant que leurs résultats ont une importance scientifique parce qu’ils intègrent une base de données qui va servir aux chercheurs, ils trouvent ça génial et ne sont pas dans la même démarche », conclut le professeur.

Jimmy Leyes

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