ISCR : 20 ans de chimie et encore des défis

Actualité

N° 439 - Publié le 10 juin 2026
© JEAN-CLAUDE MOSCHETTI / ISCR / CNRS IMAGES
Cristaux luminescents qui serviront à développer des marqueurs anti-contrefaçon.

À l’occasion des 20 ans de l’ISCR, des chercheurs reviennent sur quelques-uns des défis liés à leur discipline : répondre aux enjeux du monde d’aujourd’hui tout en restaurant l’image de la chimie.

L’Institut des sciences chimiques de Rennes (ISCR) fête cette année ses 20 ans. Le 7 juillet, une journée institutionnelle — conférences et tables-rondes à destination des personnels et des partenaires — marquera l’événement. « Nous sommes un laboratoire académique, financé en grande partie par des fonds publics. Cet anniversaire est l’occasion de montrer comment nous les utilisons pour faire avancer la recherche et l’innovation, en collaboration étroite avec nos partenaires », souligne Boris Le Guennic, son directeur adjoint.

Des domaines variés


Avec plus de 500 employés, l’ISCR fait partie des plus grandes unités françaises de recherche académique en chimie. Sa taille lui permet de couvrir la quasi-globalité des domaines de la discipline, à travers huit équipes de recherche, qui travaillent aussi bien sur des projets appliqués que fondamentaux.

« Nous sommes reconnus pour la synthèse et la caractérisation de molécules et de matériaux ayant des propriétés particulières, optiques ou magnétiques par exemple. Nos chercheurs travaillent entre autres sur les batteries, le photovoltaïque ou encore sur les PFAS1», développe Boris Le Guennic. L’ISCR mène en effet des recherches couvrant un large champ d’applications, de la santé à la science des matériaux en passant par l’optique et les télécommunications, ou encore l’énergie et l’environnement.

La chimie n’est ni plus ni moins que « l’étude des transformations de la matière », définit Rémi Maurice, chercheur en chimie théorique à l’ISCR. « Tout est chimie : cette table, l’air que nous respirons et même le fonctionnement du corps humain », poursuit-il. Au 20e siècle, l’industrialisation a contribué à modifier la réputation de la discipline auprès du grand public. Associé à des effets néfastes sur la santé et l’environnement, le mot « chimie » lui-même est bien souvent devenu un repoussoir dans le langage courant. Petit à petit, le marketing a opposé les produits dits « chimiques » à ceux dits « naturels ». Alors derrière ces oppositions, « il est important de bien comprendre ce que recouvre réellement le domaine », insiste Rémi Maurice. 

De nouvelles préoccupations


20 ans après sa création, l’ISCR s’adapte aux enjeux contemporains. Depuis quelques années, de nouvelles préoccupations émergent, tant dans les thèmes de recherche que dans les manières de travailler. « Nous avons des chimistes qui cherchent par exemple comment limiter les sous-produits et déchets polluants dans certains procédés », note Rémi Maurice. En parallèle, l’institut agit aussi en interne pour minimiser sa propre empreinte environnementale. Par exemple, en favorisant la réutilisation plutôt que l’achat de matériel neuf ou encore en questionnant la nécessité de certains déplacements professionnels.

Violette Vauloup

1. Surnommées « polluants éternels », ces substances sont utilisées dans la fabrication de nombreux produits industriels et domestiques.

TOUTES LES ACTUALITÉS

Abonnez-vous à la newsletter
du magazine Sciences Ouest

Suivez Sciences Ouest