Coraux : 700 plongées au cœur des récifs résistants

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N° 434 - Publié le 9 janvier 2026
© WALLIS PIERRE DE PARSCAU / FONDATION TARA OCÉAN
La goélette a quitté le port de Lorient le 14 décembre. Elle réalisera les premiers prélèvements coralliens en mai 2026 en Papouasie Nouvelle-Guinée.

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Mi-décembre, la goélette Tara a mis le cap sur le Triangle de corail, en Asie du Sud-Est, pour percer le mystère de récifs coralliens qui résistent mieux qu’ailleurs au réchauffement climatique et aux activités humaines.

Le 14 décembre dernier, la goélette scientifique de la fondation Tara Océan a quitté le port de Lorient, entamant sa quatorzième expédition. Le navire de trente-six mètres de long a débuté une transatlantique, à l’issue de laquelle il empruntera le canal de Panama puis traversera l’océan Pacifique. Sa destination : le Triangle de corail, au sein des archipels d’Asie du Sud-Est, une zone concentrant à elle seule près de 30 % des récifs coralliens mondiaux.

Des coraux résistants


Partout sur la planète, le réchauffement climatique entraîne une hausse des températures marines, et le Triangle de corail n’échappe pas à la règle. La région est par ailleurs densément peuplée, exposant le milieu marin à de multiples pressions liées aux activités humaines, telles que le trafic maritime soutenu, la mauvaise gestion des déchets, ou encore des pratiques de pêche destructrices (utilisant la dynamite ou le cyanure). « Il s’agit donc d’une zone maritime à biodiversité exceptionnelle, mais impactée à la fois par le réchauffement des eaux et par différentes activités humaines », souligne Paola Furla, co-directrice scientifique de l’expédition. Pourtant, paradoxalement, la perte de récifs coralliens apparaît moins importante que dans le reste du monde. Certaines zones du triangle enregistrent même une croissance corallienne. Plusieurs pistes sont avancées pour expliquer cette étonnante résistance. « Leur résilience pourrait tenir à la biodiversité exceptionnelle — microbienne, végétale et animale — qui entoure les coraux, ou bien être liée aux caractéristiques génétiques et physiologiques propres à certaines espèces », avance la scientifique.

Une logistique bien rodée


Pour éclaircir le sujet, environ 50 000 fragments de coraux, d’algues, de sédiments, de faune marine et d’eau de mer seront prélevés en vingt points du Triangle de corail. Au total, plus de 700 plongées sont programmées pour mener à bien cette vaste collecte. Un volume d’échantillonnage ambitieux, régit par une rigoureuse standardisation des méthodes. « En science, des prélèvements destinés à être analysés conjointement doivent être récoltés de la même manière, afin de garantir leur normalisation et de permettre une analyse fiable », explique Clément Castrec, plongeur scientifique de l’expédition. Les procédés de collecte sont alors qualifiés de protocoles d’échantillonnage. Ceux-ci « ont été préparés par les 38 instituts scientifiques partenaires de l’expédition, et seront mis en application durant les immersions », détaille le plongeur. Une fois sortis de l’eau, les échantillons devront être conservés à bord de la goélette durant de longues périodes¹. Prévus en mai 2026, les premiers prélèvements seront réalisés dans la baie de Kimbe, en Papouasie Nouvelle-Guinée.

Charles Paillet

1. Pour cela, il a fallu embarquer des congélateurs et des bonbonnes d’azote liquide. Une opération loin d’être anodine, sur un navire déjà chargé de matériel de collecte et de vivres.

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