Sommes-nous les prochains extraterrestres ?

À la recherche de la vie extraterrestre

N° 432 - Publié le 25 septembre 2025
© NASA
La Station spatiale internationale vue depuis la navette spatiale Atlantis.

Notre retour sur la Lune est proche et les projets de colonisation de Mars semblent se préciser. Mais l’attrait de certains pour les profondeurs de l’Espace se heurte à la réalité d’un environnement hostile à la vie humaine.

« Nous devons devenir une civilisation multiplanétaire », a répété Elon Musk en mai, dans une interview à la chaîne américaine Fox News. Au-delà des lubies du milliardaire fondateur de SpaceX, pourrions-nous devenir des extraterrestres ? « Le devenir “spatiopithèque”, fantasme d’une mutation de l’Homme dans l’Espace, occupe une place majeure dans les essais d’anticipation depuis le 19e siècle », observe Anne-Lyse Renon, maîtresse de conférences en design graphique à l’Université Rennes 2, qui a travaillé sur le projet Habiter l’espace extraterrestre1.

Objectif Lune


« Nous avons déjà largement colonisé l’Espace proche », répond Sylvain Pernon, ingénieur spatial et enseignant-chercheur à l’Université de Rennes. De multiples satellites tournent autour de la Terre. Et depuis l’an 2000, l’humain maintient une présence permanente en orbite terrestre basse, à bord de la Station spatiale internationale. Une vie extraterrestre, à 400 km de notre planète.

Prochaine étape : la Lune. En 2027, la mission Artemis 3 de la Nasa doit y renvoyer des astronautes pour la première fois depuis la dernière mission Apollo, en 1972. L’exploration durable nécessitera la construction en orbite de la station Gateway. « Elle permettra aux astronautes de descendre régulièrement sur le sol lunaire », explique-t-il. Au-delà des intérêts politiques et scientifiques, les matériaux lunaires attirent les investisseurs, notamment le tritium, nécessaire à la fusion nucléaire. Mais habiter la Lune, c’est encore un autre défi2.

Habiter les caves lunaires


La recherche sur l’habitat spatial a été nourrie par des illustrateurs visionnaires comme Chesley Bonestell, qui a imaginé dans les années 1950 une colonie humaine dans une station spatiale circulaire. « Il a produit des motifs esthétiques si forts qu’il a nourri l’imaginaire de nombreuses générations de scientifiques », raconte Anne-Lyse Renon. « Sur la Lune, nous pourrions exploiter les ressources, souligne Sylvain Pernon. Le régolithe, une pierre poreuse, peut servir de ciment. Et des scénarios évoquent la construction d’habitats dans les caves lunaires. Ces grands tunnels volcaniques offrent une protection contre les météorites et les radiations solaires, ainsi qu’une température relativement stable. »

S’il est presque certain que l’humain remarchera sur la Lune, aller sur Mars est beaucoup moins sûr. « Elon Musk développe un outil qui le permettrait d’un point de vue strictement économique, analyse Sylvain Pernon. Son projet nécessite de lancer plusieurs fusées Starship, et il est en train de réduire le coût des lancements grâce au marché satellitaire de Starlink. » Cependant, les risques immenses, les difficultés de communication et les inconnues sur l’impact psychologique pour les astronautes devraient avoir raison de notre colonisation de la planète rouge. Mais pas par les robots. Sylvain Pernon sourit : « Avec l’intelligence artificielle, ils seront bientôt plus efficaces que nous ».

Élodie Papin

1. Entre la Haute école d’art et de design, à Genève, et le Centre national d’études spatiales.
2. Lire Sciences Ouest n° 423, novembre 2024.

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