Les océans se réchauffent, l’air aussi
Océan et climat : des destins liés
Le système climatique terrestre est en déséquilibre. Il garde plus de chaleur qu’il n’en perd. Résultat : celle-ci s’accumule sur Terre. Mais pas n’importe où. Entre 2006 et 2020, les océans ont stocké 89 % de l’excès de chaleur causé par les activités humaines, contre seulement 2 % pour l’atmosphère. Pourtant, de l’accord de Paris aux scénarios du Giec1 en passant par le Plan national d'adaptation au changement climatique, c’est l’augmentation moyenne des températures de l’atmosphère (par rapport à l’ère préindustrielle) qui sert de référentiel. Pourquoi ?
Orienter l’action
Il faut tout d’abord préciser que les océans ont beau absorber davantage de chaleur que l’atmosphère, ils ne se réchauffent pas plus vite : ils peuvent emmagasiner plus d’énergie avant que leur température n’augmente. « Dans la moyenne mondiale utilisée dans l’accord de Paris, cela change très peu de choses de prendre la température de l’air ou la température de l’eau de surface, pour la partie océanique », souligne Anne-Marie Tréguier, océanographe au Lops2, à Plouzané, et co-présidente du HCBC3. Mais in fine, le réchauffement de l’atmosphère « est celui qui nous impacte le plus puisque c’est notre environnement direct, nous ne vivons pas dans l’eau, résume la scientifique. Et mettre en avant la température de l’air est aussi un choix politique, qui place un objectif chiffré dans le but d’orienter l’action ». Car si nous devons agir, c’est bel et bien pour la vie humaine.
1. Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.
2. Laboratoire d’océanographie physique et spatiale.
3. Haut conseil breton pour le climat.
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du magazine Sciences Ouest