Des milieux à exploiter ?
La forêt, un milieu à préserver
Les forêts sont depuis longtemps un élément essentiel des activités humaines. Aujourd’hui, il faut préserver la ressource en bois afin de pouvoir continuer à l’utiliser pour construire et se chauffer.
Promenons-nous dans les bois, pendant que les abatteuses n’y sont pas. Ces machines coupeuses et ébrancheuses d’arbres sont le principal outil de récolte des quelque 40 millions de mètres cubes de bois coupés chaque année en France dans les forêts plantées. Envoyés aux scieries, ils sont transformés en différents produits forestiers. Du bois d’œuvre, pour un usage dit « noble » soit la construction et la menuiserie ; du bois d’industrie, qui alimente la production de papier et de carton ; ou du « bois énergie », brûlé pour produire de la chaleur sous forme de pellets ou de charbon. En France, la déforestation est réglementée mais ailleurs elle fait des ravages. Afin de dégager de nouvelles parcelles pour les cultures, l’élevage ou l’extraction minière, 10 millions d’hectares disparaissent chaque année dans le monde1.
Usage millénaire
Historiquement, le bois a d'abord été utilisé pour fabriquer des armes, des outils et des objets domestiques. Il a alimenté les feux de tout type, pour l’industrie ou pour chauffer les foyers, et a servi plus tard à la construction de navires et de bâtiments. Dès l’époque romaine, la ressource vient parfois à manquer, et sont alors plantées les premières forêts à dessein purement économique. Aux 16e et 17e siècles, des grandes crises d’approvisionnement surviennent, contraignant l’État à des importations massives et à une première vraie réglementation de l’administration des forêts. Depuis, le défi se renouvelle sans cesse pour trouver le juste équilibre entre exploitation et protection. Aujourd’hui, la forêt recouvre un tiers du territoire français et serait sous-exploitée2, selon l’Office national des forêts (ONF).
Une gestion durable ?
Pour les exploitants forestiers, le défi s’est complexifié ces dernières années puisque le changement climatique affecte le fonctionnement de ces écosystèmes. « La particularité du cycle de sylviculture3 est qu’il se fait sur le temps long : 40 à 60 ans a minima pour les résineux, jusqu’à 200 ans pour le chêne. Il faut anticiper à la fois la capacité des essences actuelles à aller jusqu’au bout de leur vie, et leur remplacement éventuel par d’autres », explique Julien Blanchin, ingénieur forestier au Centre régional de la propriété forestière, à Rennes.
« Par exemple, dans le sud du Morbihan, les forêts de Douglas ont des besoins importants en eau et supportent mal la sécheresse. Dans les années à venir, il va plutôt falloir planter du pin maritime, plus résistant au stress hydrique. » Ailleurs, certaines parcelles, souvent mono-essences, sont décimées par des ravageurs ou par des incendies. Plusieurs autres pistes pour une gestion durable des forêts sont envisagées, comme une plus grande diversification des espèces d’arbres pour « ne pas mettre tous les œufs dans le même panier » et conserver des zones intéressantes pour la biodiversité et nos usages, alors qu’il devient « urgent de concevoir et de tester de nouvelles manières de gérer les forêts ».
1. Données pour la période 2015-2020.
2. L’ONF estime que seulement 60 % de la production forestière annuelle est effectivement récoltée et transformée.
3. Exploitation rationnelle des arbres forestiers.
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du magazine Sciences Ouest