À Nantes, des chercheurs forment les astronautes

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N° 422 - Publié le 24 septembre 2024
ESA / V. CROBU
Les astronautes explorent la surface de Mars de près grâce à la réalité virtuelle.

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Avec le laboratoire de planétologie et géosciences (LPG) à Nantes, les astronautes se forment à distance à la géologie, grâce à la réalité virtuelle. Parés pour un voyage fictif vers les astres voisins ?

Dans le bureau de Stéphane Le Mouélic, ingénieur de recherche CNRS au LPG à Nantes, les maquettes de satellites, de navettes spatiales et de rovers¹ côtoient en grand nombre les livres sur les étagères. Mais c’est plus loin, dans une salle dont le sol est recouvert d’un tapis ocre et d’apparence rocheuse, que des casques de réalité virtuelle l’attendent. Direction la Lune, puis Mars.

Connaître le vocabulaire


Une fois son casque enfilé, l’ingénieur de recherche se déplace sur la Lune, virtuellement reconstituée à partir des photographies argentiques prises sur place en 1972, ou sur Mars grâce aux images du rover Curiosity. Accompagné d’autres avatars (ses collègues connectés depuis l’Italie et Toulouse), Stéphane Le Mouélic vérifie que tout fonctionne correctement puisque le lendemain de ce test, ils seront accompagnés par deux astronautes de l’Agence spatiale européenne (Esa) et de l’Agence d'exploration aérospatiale japonaise (Jaxa). Ces derniers devront apprendre à identifier des propriétés de roches pertinentes pour la recherche scientifique, ainsi qu’à échanger avec les chercheurs pour connaître le vocabulaire adéquat.

Des reliefs extraterrestres


Cette rencontre virtuelle entre scientifiques et astronautes s’inscrit dans le cadre d’une formation de l’Esa, nommée Pangaea. « Le programme vise à permettre aux astronautes de développer des connaissances et compétences en géologie, indispensables durant les futures missions d’exploration extraterrestres, vers la Lune et peut-être un jour Mars », explique l’ingénieur. Le LPG participe également à cette formation via des cours dispensés sur le terrain, dans les Dolomites (Italie), où le paysage s’apparente à des reliefs extraterrestres. Depuis son lancement, une dizaine d’astronautes de différentes nationalités ont déjà participé à Pangaea, dont le célèbre Français Thomas Pesquet en 2023.

Grâce à la réalité virtuelle, l'utilisateur peut se familiariser avec la perception des dimensions dans l’Espace. « Les astronautes ayant marché sur la Lune ont tous rapporté la difficulté d’appréhender les échelles et donc la complexité à estimer une distance à parcourir », relate Stéphane Le Mouélic. En outre, étant donné que sur place, chaque seconde compte, déterminer rapidement l’endroit vers lequel se diriger est un prérequis. Or, la réalité virtuelle permet aux astronautes d’apprendre à analyser sans perdre de temps l’intérêt géologique d’un lieu. « Lors de la mission lunaire Apollo 17 en 1972, un géologue de formation a pu marcher sur la Lune, ce qui a permis d’optimiser le choix des échantillons à ramener », raconte l’ingénieur. L’analyse géologique de ces zones inexplorées devant permettre in fine d’en déduire leur histoire, leur composition, et de déterminer si elles ont potentiellement abrité un jour des conditions propices au développement de la vie.

Charles Paillet

1. Robots mobiles conçus pour se déplacer et réaliser des prélèvements ou photographies à la surface d’une planète.

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