Les oiseaux, victimes de la tempête Ciaran

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N° 414 - Publié le 30 novembre 2023
@ ROMAIN MORINIERE
Un océanite cul-blanc soigné à la station LPO de l'Île-Grande à la suite de la tempête Ciaran.

Très exposés aux vents violents qui ont touché la Bretagne le mois dernier, les oiseaux ont payé un lourd tribut.

Début novembre, la tempête Ciaran a balayé la Bretagne. Avec des rafales dépassant les 150 km/h dans de nombreux endroits, les oiseaux n’ont pas été épargnés. La semaine du 1er novembre, la Station LPO1 de l’Île-Grande, à Pleumeur-Bodou dans les Côtes-d’Armor, a enregistré plus de 100 appels. « D’habitude, on tourne autour de 40, on a vraiment senti un effet tempête », souligne Romain Morinière, le directeur du site.

Au total, vingt-trois animaux ont été accueillis au centre de soin de la station, certains très affaiblis, d’autres victimes de fractures. Parmi eux, une majorité d’océanites, de petits oiseaux pélagiques2 particulièrement vulnérables face à la fureur des éléments. Car quand vient la tempête, tous nos amis à plumes ne peuvent pas s’abriter. À terre, certaines espèces se cachent parfois dans des cavités ou des nichoirs mais pour les oiseaux marins, l’épreuve est plus rude. « Ils ne se rendent sur le continent que pour nicher, explique Romain Morinière. Pendant les tempêtes ils sont obligés de faire face au vent ou tentent de se poser sur les vagues, ce qui les épuise. » Dans un communiqué, la LPO estime que pour un oiseau récupéré, dix sont morts sans être trouvés. Après le passage de Ciaran, de nombreux cadavres de cormorans, mouettes et goélands ont été découverts empêtrés dans des arbres déracinés, et des oiseaux de haute mer ont été projetés à l’intérieur des terres, où ils sont incapables de se nourrir.

Un parcours de soin


Lorsque les animaux sont signalés, la LPO peut les prendre en charge grâce à des bénévoles et des cliniques vétérinaires partenaires. Certaines vies sont ainsi sauvées. Après un parcours de soin très suivi, l’objectif est de relâcher l’animal dans la nature. « Nous sommes un hôpital pour la faune sauvage », résume Romain Morinière, qui exhorte aujourd’hui chacun à faire diagnostiquer un arbre avant une coupe préventive : « Avec tous ceux qui sont déjà tombés, beaucoup d’habitats pour les oiseaux et les insectes ont été détruits, ce serait dommage de supprimer inutilement ceux qui résistent. »

VIIOLETTE VAULOUP

1. Ligue pour la protection des oiseaux
2. Qui vient en haute mer

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