« Le chercheur est souvent perçu comme déconnecté du réel »

Portrait

N° 410 - Publié le 26 mai 2023
LAURENT GUIZARD
L'épreuve par 7
CLAUDINE KATAN

Physicienne, directrice de recherche CNRS à l’Institut des sciences chimiques de Rennes (ISCR).

Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été chercheuse ?

Enfant, je répondais coiffeuse ou hôtesse de l’air ! Plus tard, après avoir décliné une place en école d’ingénieurs, le goût des mathématiques m’a poussée vers l’université où j’ai découvert la physique.

Aujourd’hui, qu’avez-vous trouvé ?

Les modèles physiques ont tous leurs limites. Au cours de ma carrière, j’ai trouvé et corrigé des erreurs, sources d'accords fortuits entre modèles théoriques et résultats d’expériences.

Le hasard vous a-t-il déjà aidée ?

Oui, par des rencontres avec des scientifiques de divers horizons ou encore la redécouverte de concepts et phénomènes décrits par d'autres. Ce genre de hasard est un enrichissement permanent.

Qu’avez-vous perdu ?

Des amis. Le chercheur est souvent perçu par les non-scientifiques comme déconnecté du réel et classé dans la catégorie des intellectuels, ce qui installe parfois une distance avec les gens. J'évite de mentionner ma profession.

Que faudrait-il mieux ne pas trouver ?

De nombreuses découvertes peuvent être détournées de leur objet initial et devenir néfastes à la planète. Tout dépend de l’usage que l’on en fait.

Quelle est la découverte qui changerait votre vie ?

Ce qui m’apporterait une grande satisfaction, c’est de voir émerger un modèle économique pérenne et plus équitable pour la planète et l’humanité.

Qu’est-ce qui vous ferait douter de la rationalité ?

L’ego de l’Homme m’en fait déjà douter. Il est source de conflits à toutes les échelles, et mon milieu professionnel n'est pas épargné avec des problématiques qui peuvent toucher à l'éthique et l'intégrité scientifique.

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