Benjamin Pepy, chasseur d’épaves
Sous l'eau, des trésors endormis
Depuis son adolescence, Benjamin Pepy plonge à la recherche de l’histoire oubliée des épaves. Une passion qui lui prend tout son temps libre !
« Ça m’embête que l’on parle de moi, on ne peut pas faire un article sur l’association plutôt ? » Au téléphone, Benjamin Pepy essaie de trouver une solution à son dilemme. Ce chasseur d’épaves est comme ça : un homme d’équipe. Une impression qui se confirme lors de notre rencontre. Éloquent et discret, le quadragénaire parle de sa passion avec pédagogie et beaucoup d’étoiles dans les yeux.
Fédérateur et passionné
Pour les bénévoles de la Samm1 dont Benjamin fait partie, les qualificatifs pour le décrire se recoupent : calme, trop gentil… et fédérateur. « Ce n’est pas donné à tout le monde de réussir à fédérer une équipe, surtout qu’il y a de sacrées personnalités ! », souligne Philippe Bodénès, le président de la Samm. « Quand il y a un conflit en mer pendant une opération, il faut savoir calmer le jeu et gérer la situation. Benjamin sait faire ça ! » Jean Roullot, un ami de longue date, dit ne l’avoir jamais vu s’énerver. En revanche, il a déjà été le témoin de l’excitation de Benjamin Pepy lors de ses découvertes.
Car si une chose résume parfaitement Benjamin Pepy, c’est sa passion pour l’archéologie sous-marine. Après un baptême de plongée à 14 ans, il explore ce qui fait le sel de sa Normandie natale : les épaves de la Seconde Guerre mondiale. Petit à petit, il remonte le temps, passant des bateaux métalliques aux épaves en bois ; des artéfacts bien visibles déjà répertoriés aux objets plus anciens, sous les couches de sédiments. « Chaque épave est une porte d’entrée vers le contexte historique de son époque », explique Benjamin Pepy.
Après une parenthèse parisienne, il s’installe en Bretagne en 2005 pour développer son activité d’opticien. Benjamin Pepy possède aujourd’hui trois magasins d’optique à Quimper, ce qui ne l’empêche pas d’exercer sa passion en parallèle. « Il m’arrive de plonger tôt le matin avant le travail, d’étudier ce que j’ai trouvé le soir et de poursuivre mes enquêtes le week-end. Il n’y a pas un jour où je ne fais pas d’archéologie sous-marine, même en pensée », raconte-t-il.
Plusieurs métiers
Historien, plongeur, archéologue… Sa passion l’amène à exercer plusieurs métiers en amateur à tour de rôle, selon les besoins de l’enquête qui l’occupe. Cela peut être l’identification d’une épave déjà connue grâce aux artéfacts trouvés sur place, ou la recherche d’un navire répertorié par différentes sources2. « Ce qui est passionnant, c’est de remettre une vérité scientifique dans des récits historiques parfois déformés. Par exemple, on a retrouvé une épave au large de la Bretagne que l’on cherchait vers Bordeaux ! ». Cette année, une quatrième campagne se prépare pour retrouver l’épave d’un avion… L’enquête continue !
1. Société d’archéologie et de mémoire maritimes.
2. Archives administratives, lettres, registres commerciaux…
Benjamin Pepy
benjamin@pepy.fr
Philippe Bodénès
bodenes.p@pg.com
TOUT LE DOSSIER
du magazine Sciences Ouest