La neige marine pour mieux prédire l’évolution du climat
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Zooplancton, microalgues et autres phytoplanctons. Une fois morts, ces micro-organismes marins ont tendance à s’agréger, attirant au passage des bactéries, pour former des sortes de flocons. « D'où le nom de “neige marine” que l'on donne à ce phénomène naturel qui se produit dans toutes les mers et océans du monde », indique Maéva Gesson, doctorante à l’IUEM1, à Brest, qui consacre sa thèse à cette pompe biologique de carbone. Car au cours de leur vie, les microalgues captent du CO2 grâce à la photosynthèse. À leur mort, le carbone se retrouve piégé à l’intérieur. « Le phytoplancton absorbe près d’un tiers du carbone atmosphérique », estime ainsi la chercheuse en biogéochimie marine. Quand elle coule, cette “neige” emporte avec elle le carbone au fond des océans. Mais avant d’atteindre les abysses, elle affronte bien des obstacles. Les flocons peuvent rester en surface s’ils sont trop légers, être mangés par des animaux ou se fragmenter au gré des chocs et des courants.
Piégé pendant des milliers d’années
« Au final, on estime qu’1 % du carbone capté en surface se retrouve au fond des océans », indique Maéva Gesson. C’est peu. Mais pas négligeable pour autant. Une fois au fond, le carbone est piégé pour des centaines voire des milliers d’années. C’est l’un des phénomènes de captation du carbone dans les océans le plus efficace à long terme. Mieux comprendre ce phénomène pourrait notamment permettre d’ajuster les modèles de prédiction de l’évolution du climat, qui, pour l’instant, ne le prennent pas en compte.
1. Institut universitaire européen de la mer.
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