À l’université, un club de maths pour les lycéens

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N° 405 - Publié le 28 décembre 2022
SOPHIE PODEVIN
Marc Abboud fait bouilloner le cerveau de lycéens en faisant passer les cours de maths au niveau supérieur.

Alors que les maths seront de retour dans le tronc commun en Première et en Terminale, dès la rentrée 2023, certains élèves n’attendent pas pour les pratiquer. Même le samedi !

“Densité, complétude et nombre p-adiques”. Le sujet de ce samedi après-midi est écrit à la craie sur le tableau noir de l’amphi C du campus de Beaulieu à Rennes. Marc Abboud, en 3e année de thèse1, reconnaît que le thème du jour est un peu ambitieux. Face à lui : des lycéens de Première et de Terminale qui n’ont pas l’air inquiet. « La dernière partie du titre vous allez voir, c’est assez funky… s’enthousiasme le jeune mathématicien. C’est un espace géométrique joli et un peu bizarre que l’on ne voit normalement qu’en Bac+5. »

Désacraliser les mathématiques

Une fois les schémas d’introduction finis et la feuille d’exercices distribuée, les lycéens commencent à débattre à voix basse des solutions. « Aujourd’hui il fait beau donc il n’y a qu’une vingtaine d’élèves, confie le doctorant. Mais le plus souvent ils sont environ 50. »
Arrivé à Rennes il y a deux ans après des études à l’ENS2 de Paris, il a créé ce club “Rennes et Maths” pour permettre aux lycéens d’approfondir leurs cours et de découvrir de nouvelles applications aux mathématiques. « Au lycée et jusqu’à Bac+2, on apprend les bases qui correspondent aux connaissances du début du 20e siècle. Ici, on peut découvrir les maths comme elles sont vraiment utilisées dans la recherche aujourd’hui. » Les séances sont d’ailleurs assurées toutes les deux semaines par des chercheurs bénévoles sur un thème de leur choix. Une diffusion des savoirs qui participe à la culture générale des élèves, qui viennent sur leur temps libre.

Beaucoup de dessins

Pour les scientifiques, la principale difficulté est de vulgariser des concepts qui dépassent souvent le programme du lycée. « On oublie parfois ce que l’on savait ou non à leur âge, souligne Marc Abboud. Ils peuvent buter sur des choses qui nous paraissent très claires ! Selon moi, la bonne approche est de ne pas s’attacher à être trop rigoureux… et surtout faire beaucoup de dessins. »
Du côté des lycéens, même si certains avouent ne pas tout comprendre, l’excitation reste présente. « C’est vraiment rigolo, on s’amuse bien », chuchote Pierre entre deux exercices. Il est venu avec Louis, en Terminale au lycée Chateaubriand à Rennes, comme lui. Tous deux suivent le parcours Maths-Physique, avec option Maths. Ils résolvent déjà des équations 10 heures par semaine. Louis nous explique : « Ça change un peu des cours ! Ici, on va plus loin. » Au deuxième rang, Titouan et Emmeline, en Première dans un lycée à Vitré, discutent du troisième exercice. « On s’ennuie un peu en cours, avoue Emmeline qui n’a que quatre heures de maths par semaine. Là, on ne comprend pas tout mais c’est ce qui est marrant. »  À la fin des deux heures, un goûter est prévu. L’occasion de parler encore un peu de mathématiques…

SOPHIE PODEVIN

1. École normale supérieure.
2. À l'Université de Rennes 1.

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