« Le verre se travaille avec douceur »
Portrait
ingénieur CNRS, souffleur de verre à l'Institut des sciences chimiques de Rennes (ISCR).
Ébéniste ! Mais j’ai choisi le verre, que j’admirais depuis longtemps dans l’atelier du fileur à Dinan. J’ai été le premier Breton à intégrer la seule formation de soufflage en France1.
Avec un chimiste on a conçu un réfrigérant2 à air qui a été breveté. Il évite d’utiliser de l’eau et garantit une certaine sécurité. Nous le fabriquons pour les laboratoires de l’ISCR mais il pourrait aussi intéresser des industriels.
Oui, pour entrer ici car je cherchais un emploi quand j’ai appris que le CNRS recrutait un souffleur de verre. Quand j’ai appelé pour postuler, on m’a dit que quelqu’un avait déjà été retenu… alors que c’était faux. Heureusement le CNRS m’a rappelé, me permettant de proposer ma candidature !
Mes lunettes de protection, la semaine dernière ! Avec mes collègues on les a cherchées pendant dix minutes. En fait c’était l’une d’entre elles qui les avaient confondu avec les siennes… On a bien ri !
Des produits chimiques dans les pièces en verre. Il est important de bien les nettoyer régulièrement. Un jour, une étudiante avait très mal rincé son piège à vide3, il restait de l’alcool à l’intérieur… Quand j’ai chauffé, il y a eu une grande détonation. Par chance la pièce n’a pas explosé.
Je travaille depuis quelques années avec les étudiants des Beaux-Arts. Je leur apprends à travailler le verre, avec douceur. Ce n'est pas une découverte, mais ça change la vie de partager sa passion !
Rien je crois. Sauf si on me demandait une pièce bizarre, je pourrais douter de sa fonction…
1. Section verrerie scientifique du lycée Dorian à Paris.
2. Instrument utilisé pour refroidir un liquide.
3. Qui permet de piéger les vapeurs qui pourraient aller dans la pompe à vide et la détériorer.
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