À la recherche des levrauts perdus

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N° 402 - Publié le 29 septembre 2022
GUILLAUME SOUCHAY
Dix femelles ont été dotées d'un collier GPS pour suivre leurs déplacements.

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En France, moins de la moitié des jeunes lièvres survivent à leur première année. Des spécialistes enquêtent près de Rennes sur les causes de ce phénomène.

La Bretagne n’échappe pas à la règle. Malgré une réduction de la chasse au lièvre d’Europe depuis 15 ans, la proportion de jeunes survivant à leur première année est toujours aussi faible. Pour en savoir plus, l’Office français de la biodiversité (OFB) et la Fédération départementale des chasseurs d’Ille-et-Vilaine (FDC 35) en lien avec les chercheurs de la Zone atelier Armorique de l’Université de Rennes 1, ont mis en place un projet d’étude pour identifier et caractériser les zones de mise-bas du lièvre en milieu agricole.

L’évolution du paysage

Deux cas de figure peuvent expliquer la baisse du succès reproducteur1 du lièvre : « Soit la fécondité de la hase a diminué en 30 ans, soit la perte de biodiversité en milieu agricole et le changement des pratiques peuvent avoir eu des conséquences sur les relations entre proies et prédateurs », explique Guillaume Souchay, chargé de recherche sur le fonctionnement des écosystèmes agricoles à l’OFB à Nantes.

Une première analyse des utérus de hases tuées à la chasse a permis d’écarter un souci de fécondité. « Les femelles ont le même nombre annuel de levrauts qu’auparavant. » La piste d’un problème de survie est donc privilégiée. Et c’est le secteur cynégétique2 de Domagné, près de Rennes, qui a été choisi pour sa diversité d’habitats. « On y trouve des champs de céréales et de maïs, des vergers, des prairies, et les haies sont encore bien présentes. » Un paysage qui abrite sans doute certains prédateurs du lièvre…

La pose de colliers GPS

Mais pour découvrir qui menace les levrauts, encore faut-il les trouver ! C’est pourquoi, en février et mars derniers, l’OFB et la FDC 35 ont réalisé deux battues. En tout, dix hases ont été capturées. « Nous leurs avons posé un collier GPS pour localiser leurs déplacements pendant six mois. » Des points GPS ont été relevés toutes les deux minutes après la tombée de la nuit.
« Ces données sont particulièrement intéressantes car nous savons que les hases allaitent leurs jeunes une heure après le crépuscule, pendant quelques minutes. » À l’aide des coordonnées GPS enregistrées aux horaires supposés de l’allaitement, Guillaume Souchay et ses collègues se sont rendus sur place… Bingo, des levrauts et leurs mères ont pu être observés grâce à une caméra à vision thermique ! « Notre méthode de repérage est donc concluante. » De nouvelles battues seront organisées début 2023 pour confirmer les zones de mise-bas et identifier les facteurs de risque associés. À suivre !

MARIE HILARY

1. Nombre de descendants probables d’un individu tout au long de sa vie.
2. Espace de conservation et d'exploitation de la faune, où sont organisées des activités de chasse, de tourisme, récréatives ou scientifiques.

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