« Le hasard, je l’étudie et il m’aide »
Portrait
Directeur de recherche en génétique des populations à l’Inrae de Rennes.
J’aurais été vétérinaire, puisqu’il s’agit de ma formation initiale. Mais j’ai toujours voulu me consacrer à la recherche, et c’est par l’éthologie1 que j’ai commencé.
J’ai démontré l’importance de la mesure des flux de gènes entre populations, c’est-à-dire l’échange de matériel génétique entre deux groupes d'une même espèce. C’est l’une des quatre forces évolutives2, avec les mutations, la dérive génétique et la sélection naturelle.
Il m’a aidé, notamment lors des rencontres entre chercheurs… et je l’étudie ! Le hasard a un rôle important dans l’évolution et il fait partie intégrante de mes recherches.
J’ai échappé aux pertes matérielles, qui sont le cauchemar de tout scientifique ! Cependant j’ai perdu quelques illusions : je trouve qu’il est parfois difficile de parler de science correctement. Cela dit, mon enthousiasme demeure intact.
Il ne faut pas poser de limite à la connaissance. En revanche, nous devons plutôt apprendre à évaluer les effets de ce que l’on trouve, et il y a encore du chemin à parcourir à ce niveau-là. Par exemple, les questions de transhumanisme3 sont à mon sens épineuses.
La téléportation, afin de pouvoir me retrouver dans les montagnes quand je veux pour me balader. Cela me changerait de la Bretagne et de ses faibles reliefs !
Rien. La rationalité est liée à la méthode scientifique, mais ne se limite pas à la recherche. Je la vois comme un outil pour bien vivre ensemble, grâce à des débats constructifs et raisonnés. C’est plutôt utile !
1. Étude du comportement animal.
2. Processus qui agissent sur les changements de fréquence des allèles de gènes.
3. Lire Sciences Ouest n°397, mars 2022.
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