L'étude du burn-out chez les sportifs

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N° 397 - Publié le 23 février 2022
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À Brest, une équipe de chercheurs s’intéresse aux facteurs pouvant conduire des athlètes à l'épuisement.

Plusieurs paramètres peuvent influer sur le résultat d’une pratique sportive. Parmi eux, les compétences émotionnelles1 de l’athlète sont centrales. C’est ce qu’a démontré Guillaume Levillain dans sa thèse, soutenue l'an dernier, dont les résultats ont servi de base à un projet d’accompagnement des sportifs en difficulté psychophysiologique2. Objectif :  étudier leurs mécanismes de défense.

Des effets jusque dans le cœur

« Les individus mettent en œuvre des stratégies de réponse pour faire face à des situations perçues comme menaçantes », indique Guillaume Levillain. Le déni et la rationalisation sont des réactions très fréquentes. Les chercheurs citent l’exemple d’un joueur de tennis qui peut accuser le vent de sa mauvaise performance alors qu’il en est le seul responsable. « Il existe une grande variété de réponses, mais elles n’ont presque jamais été étudiées », note Philippe Vacher, chercheur en psychophysiologie du sport à l’Université de Bretagne Occidentale et responsable scientifique du projet. Lorsqu’un de ces mécanismes se déclenche, les effets s’observent dans le cerveau mais aussi dans d’autres organes, comme le cœur. « Aujourd’hui, nous avons des outils nomades3 pour mesurer l’activité du myocarde », poursuit Philippe Vacher. Cela permettra aux chercheurs, mais aussi aux sportifs, d’observer en temps réel la réponse physiologique lors d'un effort physique. Par le biais d’une application, l'athlète pourra ainsi obtenir des informations sur sa fréquence cardiaque et tenter de la réguler grâce à des techniques de respiration. On parle de “biofeedback”.

Une population à risque

Ce mois-ci, une quarantaine de sportifs de haut niveau seront recrutés pour participer à l’étude. « Nous allons identifier un groupe d’individus en burn-out. » Les athlètes, en particulier lorsqu’ils sont jeunes, sont confrontés à de fortes pressions sportives mais aussi scolaires. Cette recherche intensive de performance en fait une population à risque. « La pratique sportive fait partie de leur identité personnelle. Or l’épuisement émotionnel, la perte de sens, la dévalorisation du sport et d’eux-mêmes sont autant de conséquences du burn-out. Le risque de dépression est également accru. » C’est pourquoi la prévention et l’accompagnement des athlètes sont au cœur du projet. À terme, les chercheurs souhaitent proposer des protocoles adaptés aux différents profils de sportifs. Une étude pionnière en la matière, qui devrait ouvrir de nombreuses perspectives !

SALOMÉ REMAUD

1. Capacités des individus à identifier, comprendre, exprimer et réguler leurs émotions.
2. Depuis janvier, le projet ASDP est porté par le laboratoire Cread et labellisé par la MSHB.
3. Tels que des bracelets cardiofréquencemètres.

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