"La recherche offre une part de poésie"
Portrait
Archéologue, titulaire de la chaire Armerie à Brest
Depuis mon baccalauréat, je veux faire ce métier. J’aurais pu me spécialiser dans une autre discipline, comme l'éthologie1. La recherche offre une grande part d’imaginaire et de poésie.
J’ai participé à la découverte de la première maison armoricaine qui date du bronze ancien, il y a 4 000 ans. La fouille a duré 10 ans sur l’île de Molène et a abouti à la publication d’un livre. Baptisé Une maison sous les dunes2, il regroupe le travail de 55 chercheurs.
Oui ! Lorsque je travaillais au musée de Carnac, un couple de touristes anglais nous a présenté des objets trouvés sur l’estran3. Ce sont de superbes haches du néolithique ! Nous n’en avions pas découvertes dans la région depuis plus d’un siècle.
Aucun objet archéologique de valeur en tout cas. Aujourd’hui, tout est numéroté dans des bases de données et les pertes sont rares.
Une nouvelle planète habitable ! Il faudrait déjà réussir à vivre de manière durable sur celle-ci...
Toutes les découvertes peuvent être émouvantes selon le contexte. Je suis marqué quand je découvre un site qui touche à l’intimité des personnes de l’époque.
Je n’en doute pas. Il n’y a pas de frein à la connaissance. Des phénomènes qui paraissent irrationnels peuvent être expliqués scientifiquement.
1. L'étude du comportement animal.
2. Lire Sciences Ouest n°373, juin 2019.
3. Partie du littoral périodiquement recouverte par la marée.
Contact
Yvan Pailler
yvan.pailler@inrap.fr
TOUS LES PORTRAITS
du magazine Sciences Ouest