Face à l’invasion des choucas

Actualité

N° 387 - Publié le 25 mars 2021
PIXABAY
Ravageur des cultures, ce petit corvidé fait l’objet d’une étude scientifique en Bretagne.

Pour la première fois, une équipe de l’Université de Rennes 1 recense la population du choucas et étudie son mode de vie.

De plus en plus présent, cet oiseau fait beaucoup de dégâts1. En Bretagne, la population du choucas des tours est en forte croissance depuis une vingtaine d’années et la colère des agriculteurs ne cesse de grandir face aux ravages causés dans les parcelles, notamment de blé et de maïs. Conséquence, de nombreux individus sont abattus bien que l’espèce soit protégée. « Chaque année, le quota de destruction augmente sans étude préalable sur la dynamique de cette espèce », s’insurge Jean-Pierre Roullaud de l’association Bretagne Vivante.
Pour apaiser les tensions, la Dreal2 de Bretagne a lancé un  programme de recherche3 de trois ans pour enrichir les connaissances sur l’écologie de ce corvidé. L’estimation de la population reproductrice sera connue cette année. Une opération de comptage démarre en avril dans 160 communes bretonnes. Pendant deux mois, une équipe de stagiaires, munis de jumelles, va recenser le nombre d’individus sur les cheminées4. « Nous extrapolerons le résultat à l’ensemble de la Bretagne », indique Sébastien Dugravot, maître de conférences à l’Université de Rennes 1 et responsable scientifique du projet5. « Ainsi, nous pourrons analyser l’influence du type de bâti et du paysage sur l’abondance du choucas ».

Des balises GPS

En complément, des balises GPS ont été accrochées sur le dos de 25 oiseaux pour renseigner sur leurs activités. Deux cents choucas sont bagués chaque année pour livrer des données sur leur fidélité ou non à un lieu de reproduction et sur les paramètres démographiques, comme le taux de survie, de fécondité et leurs déplacements. Concernant leur alimentation, 250 gésiers de choucas ont déjà été analysés.
Résultat : 90 % d’entre eux contiennent des restes végétaux (dont 43 % du maïs et 30 % de l’orge ou du blé) et 80 % des insectes, dont des coléoptères que l’on retrouve sur les excréments des vaches. « Le choucas est donc omnivore en période de reproduction. Il fréquente les pâturages et les cultures pour se nourrir. » Ces informations sont capitales pour mettre en place des mesures de gestion pérennes et adaptées à l’espèce.

AGNES BOIRON

1. Il ravage des cultures et ses nuisances sonores gênent les habitants.
2. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement.
3. Financé par l’État et la Fondation François Sommer.
4. Les choucas nichent notamment sur les cheminées.
5. Les chercheurs Alexandre Carpentier et Rémi Chambon (MNHN, Université de Rennes 1) participent également à l’étude en partenariat avec la LPO, Bretagne Vivante, l’OFB, la Crab et les collectifs d’agriculteurs.

TOUTES LES ACTUALITÉS

Abonnez-vous à la newsletter
du magazine Sciences Ouest

Suivez Sciences Ouest