L’odyssée d’Ulyx au fond des océans

Actualité

N° 385 - Publié le 7 janvier 2021
OLIVIER DUGORNAY / IFREMER
Ce robot autonome de la flotte océanique française plongera à 6 000 m de profondeur.

Le nouveau robot de l’Ifremer explorera les grands fonds marins. Ulyx est un outil exceptionnel pour les géologues et les biologistes.

« Ulyx est le troisième engin submersible français capable de plonger à 6 000 m, raconte Ewan Pelleter, géologue à l’Ifremer1 de Brest. Il complètera l’exploration des grands fonds aux côtés du robot télé-opéré Victor et du sous-marin habité Nautile. » Tel un drone, ce robot autonome de 4 m de long, inauguré le 23 octobre2, évoluera à 100 m au-dessus  des fonds marins.
« En une plongée de 24 h, il cartographiera des dizaines de km² avec une résolution de l’ordre du mètre. » Grâce à ses photos et ses données de positionnement, il reconstituera le relief en 3D. « Cela nous permettra une analyse très fine de la structure de la croûte océanique3 et de sa
dynamique. » L’engin embarquera à son bord des outils pour repérer des zones intéressantes, notamment les sources hydrothermales, caractérisées par des anomalies physico-chimiques4. Le géologue brestois étudie dans l’océan Atlantique des monts hydrothermaux sous-marins. Ils se forment à proximité de la dorsale, lieu d’activité magmatique où la croûte océanique se
crée. « Avec Ulyx, nous comprendrons mieux comment ces sources de chaleur, qui sont des oasis de biodiversité, se forment et se répartissent ».

Identifier les larves dans les courants

L’engin pourra s’arrêter à moins de 8 m du fond pour photographier et étudier les habitats des espèces vivantes, ou effectuer des prélèvements d’eau. « Nous analyserons l’ADN présent dans ces échantillons, afin d’identifier les larves transportées par les courants marins et susceptibles de coloniser différentes zones », précise Karine Olu, chercheuse en écologie benthique5 à l’Ifremer à Brest. Pour expliquer le déplacement des espèces et la colonisation de sites éloignés, Ulyx caractérisera les courants marins à grande échelle. Les informations recueillies par le robot sur les monts hydrothermaux, proches de la dorsale océanique, serviront à l’évaluation de leur biodiversité. Une expertise précieuse, qui contribuera à réguler l’exploitation minière de ces lieux riches en cuivre, en zinc et en métaux rares.

MARIE HILARY

1. Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer.
2. À Seyne-sur-Mer, près de Toulon. Après les tests en mer, la première mission est programmée en 2022.
3. Partie de la croûte terrestre sous les océans.
4. Comme un changement de température, de pH ou de salinité.
5. Science qui s’intéresse aux organismes présents dans les fonds marins et à leurs interactions avec leur milieu.

TOUTES LES ACTUALITÉS

Abonnez-vous à la newsletter
du magazine Sciences Ouest

Suivez Sciences Ouest