« Il faut douter pour faire avancer la recherche »
Portrait
Écologue marin, directrice de recherche à l’IRD, au Lemar.
Un métier lié à la mer, comme la plongée. J’ai besoin de vivre à côté de la mer, elle me fascine ! Plus jeune, je fouillais déjà dans les rochers à la recherche de petites bêtes.
Nous avons récemment découvert une interaction originale entre les oiseaux marins et les coraux. Des oiseaux se reproduisent sur des atolls, au large de la Nouvelle-Calédonie. Leurs déjections, le guano, ruissellent jusqu’à la mer. Cela apporte des nutriments, dont de l’azote, qui a probablement un effet positif sur les coraux. Il existe donc un lien étonnant entre un invertébré, en bas des échelons trophiques, et un prédateur supérieur !
Oui ! Il y a beaucoup de hasard dans la recherche. Le hasard des rencontres ou celui d’un prélèvement en mer, qui permet soudain de s’intéresser à telle chose.
Un peu de temps pour trouver des financements. Mais malgré cela, je n’ai pas perdu mon enthousiasme. Il m’arrive parfois de perdre du matériel en mer. C’est plus embêtant, mais c’est rare !
En matière d’écologie, toute connaissance est bonne à prendre, pour agir de façon éclairée.
Toute découverte qui permettrait de réduire notre impact sur le climat. Si l’on peut rêver, alors je dirais la téléportation ! Pour mon métier, je prends l’avion et réalise des campagnes en mer, à bord de navires à l’autre bout du monde. Ces déplacements sont-ils essentiels ?
C’est une question difficile. La science est carrée, elle doit apporter des réponses claires. Pourtant, il faut douter et avoir une part de rêve et d’imagination, pour faire avancer la recherche.
Anne Lorrain,
anne.lorrain [at] ird.fr (anne[dot]lorrain[at]ird[dot]fr)
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