Restaurer le paysage porte ses fruits
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Depuis l'après-guerre, la campagne n’a cessé de se métamorphoser.
Disparus les petits champs et le réseau sans fin des haies1. Les animaux circulent moins et la dispersion de certaines graines est difficile. Pour sauver la biodiversité, on restaure désormais les liens entre les habitats naturels, grâce à des corridors écologiques2. Est-ce efficace à long terme ? Oui ! La doctorante Léa Uroy à l’Université de Rennes 1 le montre.
Photos aériennes de 1952 à nos jours
Pour sa thèse3, l’écologue a étudié l’évolution du paysage agricole et son effet sur les communautés végétales. Elle a comparé des cartographies et des photographies aériennes en Ille-et-Vilaine4 de 1952 à aujourd’hui. Et sur le terrain, Léa Uroy a identifié les plantes qui poussent dans les boisements, les prairies et les cultures céréalières. Son étude révèle que la restauration des liaisons entre ces habitats est bénéfique, en favorisant notamment le déplacement des graines.
Autre résultat, les modifications historiques du paysage hantent encore les espèces végétales.« Nous avons découvert que les caractéristiques de dispersion5 des plantes forestières sont façonnées par les changements cumulés depuis 70 ans, explique Léa Uroy. Les réponses des végétaux ne sont pas instantanées face à nos actions. » Preuve que pour restaurer la connectivité, il faut prendre en compte la longue histoire du paysage… et être patient.
1. En Bretagne, le bocage a été fortement détruit pour de grandes cultures.
2. Appelés aussi trames vertes et bleues.
3. Réalisée aux laboratoires Écobio (Osur) et Bagap (Inrae) à Rennes.
4. Dans la Zone atelier Armorique qui couvre Pleine-Fougères, le marais de Couesnon et la ville de Rennes.
5. Transport des graines d’un fragment d’habitat à un autre.
Léa Uroy, lea.uroy@univ-rennes1.fr
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