L’Inrae s’engage pour la Terre

Actualité

N° 380 - Publié le 8 avril 2020
RODOLPHE MARICS
L'Inrae contribue à la mise en place de nouvelles formes d'agriculture, respectueuses de l'environnement.

Le nouvel institut de recherche Inrae1 accompagne les transitions, en inventant l’agriculture et l’alimentation de demain. L’enjeu est immense !

Face à l’urgence climatique et aux défis qui en découlent, l’Inra2 et l’Irstea3 ont fusionné. La naissance de l’Inrae le 1er janvier coïncide avec l’arrivée d’Hélène Lucas4 au centre Bretagne-Normandie, dont elle est la présidente. Elle était auparavant conseillère scientifique auprès de Philippe Mauguin, le PDG de l’Inrae. « La recherche et l’innovation doivent contribuer aux transformations en France, en Europe et à l’échelle mondiale », affirme-t-elle.

75 % des milieux détériorés

Les chiffres de la FAO5, de l’OMS6 et du Giec7 sont clairs. « Le diagnostic est alarmant, constate Hélène Lucas. Près de 75 % des milieux terrestres sont détériorés par les activités humaines. De nombreuses espèces sont en voie d'extinction et le réchauffement global va atteindre au minimum 1,5 °C au cour s de ce siècle. » Sans oublier les problèmes d’alimentation, pouvant se traduire par la sous-nutrition ou l’obésité, ainsi que la raréfaction des ressources en eau. « Aujourd'hui, un tiers de la population mondiale n'a pas d'eau potable ! »

L’Inrae cherche des solutions. L’idée est de mettre en place de nouvelles formes d’agriculture, respectueuses de l’environnement et adaptées aux territoires. Tout en favorisant l’économie circulaire et en assurant un revenu correct aux agriculteurs. « Les ressources ne sont pas inépuisables, la production doit être saine et durable. » Pour cela, l’Institut renforce les liens entre les chercheurs, les agriculteurs et les consommateurs dans le cadre de projets de recherche participative.

Réduction des pesticides

Hasard du calendrier, 2020 est aussi désignée “Année internationale de la santé des végétaux” par la FAO. Comment lutter de manière durable contre les maladies des plantes pour assurer leur santé, mais aussi celle de la population ? « Il y a une véritable prise de conscience de l’importance de ce sujet, à l’heure où la réduction des pesticides est un enjeu mondial. »

Pour proposer des variétés idéales et une gestion adaptée aux modes de production8, plusieurs équipes de l’Inrae Bretagne-Normandie mènent des recherches sur la santé des plantes. Cela implique d’étudier les ravageurs des cultures et leurs maladies. La diversité génétique des végétaux et les communautés microbiennes bénéfiques du sol ou des feuilles sont prises en compte.

L'Année internationale est l’occasion de valoriser ces travaux scientifiques. L’un des laboratoires de l’Inrae, l’Institut de génétique, environnement et protection des plantes, organise ainsi deux colloques internationaux9 à Rennes. Pour le grand public, des animations seront prévues lors de la Fête de la science. L’Espace des sciences proposera, en collaboration avec l’Inrae, une exposition itinérante ainsi qu’un dossier sur la santé des plantes dans Sciences Ouest. À suivre.

MARION GUILLAUMIN

1. Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.
2. Institut national de la recherche agronomique.
3. Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture.
4. Lire son portrait dans Sciences Ouest n°379, mars 2020.
5. Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.
6. Organisation mondiale de la santé.
7. Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.
8. Conventionnelle, agro-écologique ou biologique.
9. Un colloque sur les maladies racinaires des légumineuses est programmé les 26 et 27 mai. Un second colloque sur la protection intégrée du colza est prévu du 29 septembre au 1er octobre.

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