Des microplastiques dans les rivières
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Des chimistes et biologistes finalisent une méthode pour analyser les microplastiques transportés par les rivières jusqu’à la mer.
Au milieu d’une rivière, un filet monté sur un cadre collecte les microplastiques. Ce prototype a été créé au laboratoire brestois Labocea1 dans le cadre du programme Microplastic22. Le projet de recherche de quatre ans, qui se termine en février, est coordonné par Gaël Durand, directrice déléguée à la recherche et au développement à Labocea, et porté par Suez environnement. Le but ? Proposer des outils de diagnostic et d’aide à la décision pour la gestion des fragments de plastiques.
À Brest et à Marseille
Gaël Durand et son équipe s’intéressent aux bassins versants dans leur globalité, depuis la source d’émission du plastique, jusqu’à son arrivée dans l’océan. Deux sites sont comparés : les rades de Brest et de Marseille. « À Brest, des rivières importantes débouchent dans une rade fermée, où les pluies sont fréquentes et abondantes. À l’inverse, les rivières entourant Marseille sont petites. Elles se jettent dans une baie ouverte avec des pluies ponctuelles. »
Les chercheurs de Labocea et leurs partenaires (Ifremer3, CNRS, Lemar4, Lov5) mettent au point une méthode pour détecter et quantifier des microplastiques dans les fleuves, puis en mer. Ils évaluent leurs effets sur les écosystèmes aquatiques. À l’avenir, cette méthode servira à diagnostiquer l’état de contamination des bassins versants par les particules plastiques.
Le consortium tente aussi de tracer l’origine des microplastiques en étudiant leur composition6. Sans oublier leurs additifs. « À partir d’échantillons de plastiques de la vie courante, nous avons créé une base de données que nous allons comparer à nos prélèvements. » Une fois validée, la méthode permettra de sensibiliser et peut-être de trouver une solution dès la source d’émission des polluants.
L’origine du plastique déterminée, il est possible de connaître son trajet jusqu’à la mer et d’identifier dans le bassin versant les lieux les plus pollués par les microplastiques. Gaël Durand et son équipe réalisent donc une modélisation des rivières et des rades7. Grâce à elle, des prélèvements et analyses plus précis des microplastiques et de leurs effets pourront être réalisés.
Stations d'épuration
En parallèle, une étude menée par Suez8 a permis d'analyser les techniques de rétention des microplastiques dans une station d'épuration niçoise et d'établir une méthode pilote pour d'autres stations. Labocea ne compte pas s’arrêter là. Un nouveau projet, nommé “Preventing Plastic Pollution”, est prévu en France et en Angleterre. Il a pour objet d’étudier des bassins versants des deux côtés de la Manche et de trouver des solutions concrètes avec les élus locaux.
1. Laboratoire public, conseil, expertise et analyse en Bretagne.
2. Financé notamment par le Fonds unique interministériel, FUI20.
3. Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer.
4. Laboratoire des sciences de l’environnement marin.
5. Laboratoire océanologique de Villefranche-sur-Mer.
6. Analysée par Sedisor, société brestoise issue de l’IUEM.
7. Avec l’aide d’Actimar, branche maritime et côtière de Suez basée à Brest.
8. Avec les sociétés Sispia et Évosens.
Gaël Durand
02 98 34 11 02
gael.durand@labocea.fr
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