Claudia Bartoli a pris racine

Actualité

N° 376 - Publié le 7 novembre 2019
Claire Guérou
Après un parcours européen entre biologies animale et végétale, Claudia Bartoli a pris racine à l’Inra de Rennes.

Magazine

4513 résultat(s) trouvé(s)

Aujourd’hui rennaise, la jeune biologiste italienne a un parcours riche et inattendu.

Originaire de Rome, Claudia Bartoli vit à Rennes depuis l’an dernier. À l’Igepp1, cette biologiste cherche à réduire l’usage des pesticides. Comment ? En analysant les interactions entre les microorganismes du sol et les racines du colza. Les spécialistes parlent du “microbiote des plantes”.  Au départ, Claudia Bartoli s’intéressait pourtant aux ani-maux et à leurs maladies. Son parcours européen est riche d'enseignements.

« C’est ce que je voulais »

« J’ai commencé des études en biologie animale, raconte-t-elle dans un français parfait. J’étais passionnée par la parasitologie et les maladies infectieuses.» Après sa licence en 2008, elle quitte l’Italie pour les Pays-Bas. À l’université de Wageningen, elle se spécialise en immunologie des poissons. Mais cela ne lui convient pas ! « Pour lutter contre une maladie, il faut analyser son mécanisme à fond. Alors que l'écologie ouvre un champ d'investigation plus large. Elle permet de répondre à des questions globales. Ce que je voulais. »  Ajoutée à cela l’ambiance de compétition entre les équipes, qui lui déplaît… Elle renonce à poursuivre en thèse et retourne en Italie en 2010.

 Son premier congé de maternité est l’occasion de faire le point. Veut-elle poursuivre dans la recherche ? « À ce moment-là, je me suis intéressée à l’agronomie et aux plantes. J’ai passé un an à étudier leur physiologie !

C’était un peu compliqué au départ, mais j’aimais beaucoup », sourit Claudia Bartoli. Elle commence une thèse euro-péenne en 2011. En Italie, puis à l’Inra2 à  Avignon, elle se plonge dans l’étude des plantes et des microorganismes. Elle rejoint une équipe3 spécialisée dans ce domaine émergent. Claudia Bartoli y découvre aussi “le côté humain” qui lui manquait. « Tout le monde se connaissait, c’était une grande famille, comme ici à Rennes. » Elle poursuit par un post-doctorat en 2014 à l’Inra de Toulouse.

Elle décide de tout arrêter

Trois ans plus tard, la biologiste vit une nouvelle période de doute. « Je trouvais que ma recherche n’était pas assez appliquée. » La jeune femme veut du concret. Elle décide de tout arrêter ! Enceinte de son deuxième enfant, elle choi-sit l’aide à la personne. Elle travaille dans une maison de retraite. « Quand je rentrais chez moi, je me sentais hyper-utile ! »
Elle envisage de se reconvertir en aide-soignante, mais une conseillère de Pôle emploi l’en dissuade.

L’an dernier, son ancien responsable à Toulouse lui parle d’un poste de chargé de recherche à l’Inra de Rennes dans son domaine de prédilection : le microbiote et les plantes ! Elle postule à l’Igepp et est recrutée. Aujourd’hui, à 34 ans, Claudia Bartoli vit en Bretagne avec sa famille. Elle est passionnée par son métier. « J’ai parfois eu des doutes sur la suite, mais finalement, j’aime vraiment ce que je fais ! » Elle a de nombreux projets (lire p.9) jusqu’en 2023.

CLAIRE GUEROU

1. Institut de génétique environnement et protection des plantes (Inra, Agrocampus Ouest, Université de Rennes 1).
2. Institut national de la recherche agronomique.
3. Au laboratoire de pathologie végétale (Inra Paca Avignon).

Claudia Bartoli, 02 23 48 51 96
claudia.bartoli-kautsky@inra.fr

TOUTES LES ACTUALITÉS

Abonnez-vous à la newsletter
du magazine Sciences Ouest

Suivez Sciences Ouest