« Pour conduire une recherche, il faut savoir être surpris »
Portrait
Glaciologue et directeur de l’Institut polaire français, à Brest
C’est très simple, j’aurais été chercheur ! C’est le rêve de toute ma vie. Je suis tombé dedans à cinq ans, devant la télévision. C’était le premier pas de Neil Armstrong sur la Lune. Cela m’a donné l’envie de découverte.
Plusieurs choses… Notamment que la quantité de méthane, un gaz à effet de serre, variait dans l’atmosphère entre les périodes chaudes et froides qu’a connues la Terre. Cette découverte a été faite grâce aux carottes de glace dans l’Antarctique.
Tous les jours ! Pour conduire une bonne recherche, il faut savoir être surpris. J’ai parfois eu des illuminations en m’intéressant à des sujets complètement différents du mien. Et des rencontres inattendues ont mené à de grands projets de recherche.
J’ai perdu ma naïveté d’enfant. Je m’attendais à un monde de professeurs Tournesol passionnés par leur travail... C’est le cas pour la majorité des scientifiques, mais ce milieu professionnel n’est pas différent des autres. Il y a aussi des guerres d’ego. C’est pour cela que je travaille désormais au service du collectif.
L’élixir d’éternité. L’absence de finitude pour un humain serait dramatique. Nous construisons notre parcours en sachant que nous avons une limite. Sans elle, j’ignore quel serait le sens de la vie.
Celle qui changerait la vie de tout le monde : produire de l’énergie sans polluer. L’enjeu est de poursuivre nos activités sans effet sur l’environnement, ni sur les sociétés. L’accès à l’énergie est au cœur de la majorité des conflits aujourd’hui.
J’en doute parfois. Grâce à mon épouse ostéopathe, j’ai compris qu’il y a des choses qu’on ne peut pas expliquer. Tout ne repose pas sur des équations. Sans verser dans l’irrationnel, je pense qu’il est plutôt sage de garder une part de rêve.
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du magazine Sciences Ouest