Tôt ou tard, le loup reviendra

L'histoire continue

N° 374 - Publié le 29 juillet 2019
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Le loup gris se déplace en Europe. Il pourrait revenir en Bretagne.

« Le loup brille par son absence depuis une douzaine de décennies (1), mais il fait partie intégrante de la faune bretonne. »

Philippe Defernez, du Groupe mammalogique breton (GMB), anticipe avec d’autres naturalistes (2) le retour du loup en Bretagne. Car il reviendra, c’est probable. Venues d’Italie ou d’Europe de l’est, des populations de loups reconquièrent aujourd’hui leurs anciens territoires. Revenu en France par les Alpes, le loup gris vit déjà dans le Massif central. Sa présence est désormais avérée en Bourgogne. Elle a été notée dans la Somme et en Nouvelle-Aquitaine.

Analyse génétique

Le premier loup qui arrivera dans l’Ouest devrait être un jeune isolé, appelé « disperseur. » En se déplaçant la nuit, un loup parcourt de grandes distances sans être repéré. Et s'il était déjà là ? Les cartes et données officielles de l’ONCFS (3) ne l’indiquent pas. Des pièges photographiques (4) peuvent mettre les observateurs sur une piste. Comment vérifier qu'un animal a bien été tué par un loup ? Les spécialistes retournent la peau de son cou, autour de la morsure de mise à mort, pour mesurer la perforation… Mais seule une analyse génétique pourrait valider la présence du prédateur. Pour cela, il faudrait retrouver ses fèces (crottes) ou sa salive sur une proie. Ou encore, un cadavre de loup au bord d’une route.

Adapté à tous les milieux

Sans meute pour chasser les grands mammifères, un loup se nourrit pourtant facilement : mulots, fruits, blaireau mort près d'une chaussée... « S'il rencontre un troupeau de moutons ou des veaux sans protection, il sera tenté d'attaquer, poursuit Philippe Defernez. Dès lors il aura des ennemis. L'un des problèmes rencontrés par le loup est l'acceptabilité par le public. » En Bretagne, le loup ne se réfugierait pas seulement dans les landes des monts d'Arrée. Il s'adapte à tous les milieux : forêt, marécage, littoral... Où pourrait s’installer une meute ? « Là où les humains le tolèreront. »

Nicolas Guillas

1. Aujourd'hui protégé, le loup a été exterminé au 19e siècle. En Bretagne, les derniers individus ont été tués dans les années 1910. Pour en savoir plus, rendez-vous au musée du loup, au Cloître-Saint-Thégonnec (Finistère).
2. Un groupe de travail sur le loup réunit des naturalistes du GMB et de Bretagne vivante, en lien avec des spécialistes, des éleveurs, des agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage et des décideurs politiques.
3. Office national de la chasse et de la faune sauvage.
4. Des systèmes de prise de vue automatique sont mis en place par l’ONCFS, des naturalistes ou des chasseurs.

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