L’analyse des poussières tombées du ciel

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N° 374 - Publié le 26 juillet 2019
Institut Pasteur de la Guadeloupe.
En Guadeloupe, ce détecteur de brumes de sable aspire les particules venues du Sahara.

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« Nous cherchons à caractériser les brumes de sable, sur le plan chimique, pour apporter des éléments d’interprétation et de compréhension à nos collègues épidémiologistes », indique le professeur Philippe Quenel1, directeur du Léres2. En partenariat avec Gwad’Air3, son laboratoire prélève les particules de brumes de sable en Guadeloupe, en ville et dans les zones éloignées. « Les têtes de prélèvement des détecteurs (photo) sélectionnent les particules minérales de dix micromètres. Ces PM10 sont récupérées sur des filtres de quartz et analysées dans notre laboratoire. »

Substances dangereuses

Les fines particules qui ont traversé l’Atlantique sont composées de quartz, de silice, de titane ou de vanadium. Mais pas seulement. En survolant l’Afrique et le sud de Europe, elles entrent en contact avec des polluants chimiques liés aux activités humaines. « Les brumes de sable sont un phénomène complexe, car leurs particules transportent des molécules de substances dangereuses qui peuvent interagir entre elles », poursuit Philippe Quenel.

Pesticides en Afrique

Sur la base des connaissances internationales, les chimistes du Léres ont dressé la liste des substances à rechercher. Trente-deux éléments sont visés, dont l’arsenic, le cadmium, le cuivre, le manganèse, le mercure et le fer. Les polluants4 pouvant être transportés sur de longues distances sont suivis. C'est le cas de pesticides5 utilisés en Afrique. Les chimistes ont aussi cherché des phtalates (plastifiants des matières plastiques) et des retardateurs de flammes (présents dans les meubles neufs). En complément, une recherche plus large de substances non prévues (screening) est réalisée. Les chercheurs rennais veulent identifier quelles substances, en quantité significative, pourraient avoir des effets sur la naissance de prématurés. Ces résultats seront bientôt publiés.

Marc Beynie

1. Philippe Quenel est médecin, docteur en épidémiologie et bio-statistiques.
2. Laboratoire d’étude et de recherche en environnement et santé.
3. Lire article p.8.
4. Notamment des PCB (Polychlorobiphényles) liés à la combustion et des HAP (Hydrocarbures aromatiques polycycliques) liés à l’industrie.
5. Organochlorés, organophosphorés et pyréthrinoïdes.
6. Cet appareil sépare différentes substances dans un échantillon pour les analyser.

Philippe Quenel
philippe.quenel@ehesp.fr

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