Quelle eau dans les rivières en 2070 ?

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N° 373 - Publié le 13 juin 2019
Claire Guérou
Laurent Longuevergne présente une carte en réalité virtuelle. La couleur du Scorff dépend de sa profondeur.

La 3D permet d’anticiper le niveau de l’eau.

En Bretagne, l’eau potable provient à 74 % des eaux de surface, comme les rivières. À cause du dérèglement climatique, elles pourraient recevoir moins de précipitations. Pourront-elles encore répondre à nos besoins en eau ? Le projet interdisciplinaire “Rivières 2070” va étudier pendant trois ans la modification du niveau des cours d’eau d’ici 50 ans.

« Avec l’évolution des besoins en eau et des capacités de pompage qui peuvent diminuer, le quotidien de la population va changer, avertit Véronique Van Tilbeurgh, professeure de sociologie de l’environnement à Eso-Rennes(1) qui codirige ce programme (lire son portrait p. 22). La question de l’eau est sociale. Les habitants et les collectivités territoriales doivent se l’approprier. » L’autre porteur du projet est Laurent Longuevergne, directeur de recherche CNRS à l’Osur(2). Quatre laboratoires au total sont impliqués : Géosciences Rennes, Eso, Écobio(3) et LETG(4).

Le Scorff en réalité virtuelle

La première étape consiste à réaliser une cartographie des rivières, en fonction du niveau de l’eau, de leur environnement (végétation, topographie) et des projets d’aménagement. Dans un second temps, une télédétection Lidar(5) sera utilisée. Le Scorff, qui rejoint le Blavet dans la rade de Lorient, est le premier lieu d’étude. Cette rivière traverse plusieurs zones, agricole et côtière. La population y est nombreuse et les besoins en eau sont importants. « Nous connaissons la géologie de cet endroit, proche d’un site suivi depuis 25 ans », ajoute Laurent Longuevergne.

Les données scientifiques recueillies seront mises en forme pour parler à tout le monde. « Nous avons choisi de modéliser les résultats de nos recherches sous la forme d’un paysage, poursuit le géophysicien. La rivière sera représentée en 3D, grâce à la réalité virtuelle. Elle permet de rendre compte des variations du niveau d’eau. »

Plusieurs scénarios

Et ensuite ? « Nous allons établir plusieurs scénarios. S’il y a une sécheresse hivernale, arriverons-nous à fournir une eau de qualité qui respectera les normes européennes ? » C’est une question importante pour la politique publique. Une thèse pluridisciplinaire, associant géophysique et sociologie, va démarrer.

Claire Guérou

(1) Espace et société (Université Rennes 2, CNRS).
(2) Observatoire des sciences de l’Univers de Rennes (Université de Rennes 1, CNRS).
(3) Écosystèmes, biodiversité, évolution.
(4) Littoral, environnement, télédétection, géomatique.
(5) De l’anglais “Laser Imaging Detection And Ranging”, pour la détection et l’estimation de la distance par imagerie laser). Elle permet de cartographier un environnement en 3D.

Laurent Longuevergne
tél. 02 23 23 65 46
laurent.longuevergne@univ-rennes1.fr

Véronique van Tilbeurgh
tél. 02 99 14 15 84
veronique.vantilbeurgh@univ-rennes2.fr

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