Des molécules pour la santé

N° 367 - Publié le 5 décembre 2018
DR
Marianne Le Fur poursuit ses recherches à Boston.

Magazine

4512 résultat(s) trouvé(s)

La chimiste Mariane Le Fur synthétise des molécules qui améliorent l’imagerie médicale.

« Ce que j’aime, c’est chercher et trouver des molécules avec des propriétés adaptées à l’imagerie médicale. » À 27 ans, Mariane Le Fur est à la recherche de la molécule parfaite. Originaire de Plonévez-du-Faou, une « petite commune du Finistère », la jeune Bretonne est sûre de sa quête : « Quand on trouve une molécule qui fonctionne bien, c’est motivant ! »

« Et l’on se dit que c’est possible »

Pourtant, devenir chercheuse n’était pas acquis d’avance. Après un Bac S à Carhaix en 2009, Mariane entre à l’Université de Brest. D’abord pour étudier la chimie. Mais pour quoi faire ? « Le monde de la recherche m’était totalement inconnu durant ces premières années, explique-t-elle. Puis à la fin de la licence, on commence à rencontrer des étudiants en master, des doctorants, des chercheurs. Et l’on se dit que c’est possible ! » La voilà lancée, notamment grâce à Raphaël Tripier, enseignant-chercheur en chimie au Cemca(1) à Brest. « C’est avec lui que j’ai eu le déclic, grâce au lien direct entre chimie et santé, dans ses travaux. » Après son stage de master encadré par le chimiste, Mariane démarre en 2014 une thèse sous sa direction. L’entreprise pharmaceutique Guerbet, fabricante de produits de contraste utilisés pour l’imagerie à rayons X et l’IRM(2), est partenaire.

« L’objectif était de synthétiser de nouvelles molécules pour des applications contre le cancer du foie. » Les scientifiques veulent améliorer les molécules utilisées pour le diagnostic par imagerie, en créant des molécules avec des propriétés améliorées : plus stables, elles offrent un meilleur contraste. Cela permet de réduire les doses injectées, la durée des examens et leur coût, lors de l’utilisation in vivo et en imagerie. Cette recherche se révèle fructueuse : « Nous avons publié six articles dans des revues internationales, précise la jeune femme, les yeux pétillants. Et deux brevets ont été déposés ! » Ils ouvrent de nouvelles perspectives pour l’exploration médicale.

La chasse à la molécule parfaite

Pour continuer sa quête moléculaire, Mariane quitte la Bretagne en janvier 2018. Direction le Martinos center(3) à Boston, aux États-Unis. Objectif : mettre au point des sondes d’imagerie capables de détecter les fibroses. Ces formations anormales de tissu fibreux entraînent une rigidification des organes atteints. Là encore, la chasse à la molécule parfaite porte ses fruits : un brevet est déposé ! « Pour un autre projet, un article sera publié sur l’éventualité d’un problème de toxicité, concernant un produit de contraste utilisé en IRM », complète la chimiste. Car la jeune femme n’est pas seulement à la recherche des molécules les plus adéquates, elle devient aussi experte de leurs dysfonctionnements.

Dans cette quête des trésors moléculaires, Mariane a trouvé une voie prometteuse. « Ma seule certitude à ce jour, c’est que je souhaite poursuivre dans la recherche », a-t-elle écrit dans son dossier de candidature au Prix Bretagne. En lui attribuant le prix dans la catégorie “Amélioration de la santé et du bien-être des sociétés”, le jury l’encourage à poursuivre !

Claire Guérou

(1) Chimie, électrochimie moléculaires et chimie analytique (CNRS, Université de Bretagne Occidentale).
(2) Imagerie par résonance magnétique.
(3) Martinos center for biomedical imaging (Massachusetts general hospital / Harvard medical school).

Mariane Le Fur
mlefur@mgh.harvard.edu

TOUT LE DOSSIER

Abonnez-vous à la newsletter
du magazine Sciences Ouest

Suivez Sciences Ouest