L’éolienne doit tenir la marée

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N° 366 - Publié le 25 octobre 2018
Marion Guillaumin

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Ses matériaux sont testés à Brest, Lorient et Nantes.

Une superglue contre la mer déchaînée. C’est ce qu’il faut pour les structures des énergies marines renouvelables. « Une éolienne flottante est un assemblage de matériaux métalliques et non métalliques », explique David Thévenet(1), professeur en sciences mécaniques (photo) à l’Ensta(2) à Brest. Soumis à l’environnement marin, l’ensemble doit être très résistant. « Des études préalables sont nécessaires pour qu’il vive 15 ou 20 ans. » Le projet Induscol(3) a cette ambition. Labellisé par le Pôle mer Bretagne Atlantique et soutenu par l’Agence nationale de la recherche(4), le projet est aujourd’hui à mi-parcours. Deux publications vont paraître.

La propagation de la fissure

Pour prévoir le comportement à long terme d’une structure, l’équipe développe des modèles à partir de tests mécaniques. « Pour accélérer son vieillissement, l’assemblage est placé dans l’eau à différentes températures, entre 30 et 60 °C. » La structure collée est ensuite placée dans une machine qui exerce une force pouvant atteindre 25 tonnes, jusqu’à ce que la pièce casse. La propagation de la fissure dans le joint de colle est mesurée.

« Nous appliquons des charges répétées pour fatiguer la structure, jusqu’à la rupture », indique le chercheur. L’épaisseur de la colle est un paramètre à prendre en compte. Contrairement aux idées reçues, une quantité importante n’est pas toujours synonyme de forte résistance ! En plus de ces expérimentations, des chercheurs développent une instrumentation par fibre optique à Nantes(5), et par capteurs nanocomposites à l’IRDL à Lorient. Ces technologies fournissent des informations précieuses. Elles permettent de comprendre ce qui se passe dans le joint de colle. À terme, elles pourraient être utilisées pour surveiller les parcs d’énergies marines.

Marion Guillaumin

(1) Professeur membre de l’Institut de recherche Dupuy-de-Lôme (IRDL).
(2) École nationale supérieure de techniques avancées Bretagne.
(3) Coordonné par France énergies marines, en partenariat avec l’Université de Bretagne Sud, l’Université de Nantes et Naval group research.
(4) Ce travail a bénéficié d’une aide de l’État (Investissements d’avenir, 2015).
(5) À l’Institut de recherche en génie civil et mécanique.

David Thévenet
tél. 02 98 34 88 07
david.thevenet@ensta-bretagne.fr

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