Immunologie : un projet ANR démarre

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N° 366 - Publié le 25 octobre 2018
Marion Guirriec / Biosit
Cette coupe d'amygdale a été photographiée avec un microscope à fluorescence. Les cellules appelées lymphocytes B, sont en vert. Les noyaux des cellules sont rouges, lorsqu'un lymphocyte est activé. Il va alors fabriquer des anticorps, en se transformant en plasmocyte.

Pour mieux combattre certains cancers.

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La généticienne Céline Delaloy (lire portrait p. 11), spécialiste de l’immunologie, vient d’obtenir le soutien de l’Agence nationale de la recherche par une dotation Jeunes chercheures et jeunes chercheurs (JCJC). Un financement de 334000 euros sur trois ans lui permet de s’entourer d’une équipe de deux doctorants, Nicolas Hipp et Juliette Gauthier, et d’un postdoctorant. Cette dotation ne concerne que 25 projets en France(1).

Fabriquer des anticorps

La chercheuse veut comprendre comment les lymphocytes B deviennent des plasmocytes. Ils fabriquent des anticorps. Quand nous sommes malades, à cause d’un virus ou d’une bactérie, notre organisme réagit pour nous défendre. Plusieurs signaux préviennent le lymphocyte B de la présence d’un danger. Une fois le message reçu, il se métamorphose en un plasmocyte, spécialement conçu pour contrecarrer l’élément pathogène. Un peu comme un robot, dont le bras se transforme en couteau ou en fusil, en fonction de l’ennemi à abattre. Parmi les signaux qui alertent le lymphocyte B, se trouve le lymphocyte T. C’est le dialogue entre le T et le B qu’auscultent Céline Delaloy et son équipe, au sein du laboratoire Micmac(2) de la faculté de médecine de Rennes, rattaché à l’Inserm(3). Parfois, ce dialogue ne fonctionne pas : le lymphocyte B devient un lympho-plasmocyte, un mélange de lymphocyte et de plasmocyte. Cette cellule hybride ne nous défend plus contre la maladie, au contraire elle l’aide ! Le plus souvent, elle dégénère, se multiplie et devient une tumeur.

Échantillons humains

La proximité avec le CHU permet à Céline Delaloy d’obtenir des échantillons humains. Par exemple, des amygdales retirées au cours d’opération. « Ces échantillons permettent d’observer un dialogue défaillant entre les lymphocytes T et B. Mais nous avons aussi des échantillons sains pour voir comment se déroule un dialogue normal. » En l’occurrence, cette partie est fournie par l’Établissement français du sang. « Il est assez rare de pouvoir acquérir ce type d’échantillon. Pour nous, c’est essentiel, pour être au plus près de la réalité. »

Julie Lallouët Geffroy

(1) Sur 212 déposés durant l’année 2018 pour l’axe Immunologie, infectiologie et inflammation.
(2) Microenvironnement, différenciation cellulaire, immunologie et cancer (Inserm, Université de Rennes 1).
(3) Institut national de la santé et de la recherche médicale.

Céline Delaloy
tél. 02 23 23 54 47
celine.delaloy@univ-rennes1.fr

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